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<title>Rébellion</title>
<description>bimestriel socialiste révolutionnaire européen</description>
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<lastBuildDate>Wed, 18 Nov 2009 23:12:39 +0100</lastBuildDate>
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<title>Entretien de Jean Galié avec le Choix des Libraires</title>
<link>http://rebellion.hautetfort.com/archive/2009/11/18/entretien-de-jean-galie-avec-le-choix-des-libraires.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rébellion)</author>
<pubDate>Wed, 18 Nov 2009 23:12:39 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Jean Galié est membre de la rédaction du journal Rébellion et du bureau de l'OSRE, il est co-auteur du livre &quot;Rébellion, l'Alternative Socialiste Révolutionnaire Européenne&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;1) Qui êtes-vous ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Qui suis-je ? J'accorde assez peu d'importance à l'exposé public de ma biographie mais si cela pouvait susciter l'intérêt du lecteur pour l'ouvrage composé avec mon jeune ami Louis Alexandre, je dirais que je suis un lecteur de Marx depuis quatre décennies alors que se consolidait mon éveil intellectuel d'adolescent. J'ai acquis une formation philosophique jusqu'à la rédaction d'une thèse de doctorat et me suis beaucoup intéressé à toute la tradition marxiste, en particulier dans ses marges non «orthodoxes» comme le communisme conseilliste germano-hollandais ou la gauche communiste bordiguiste italienne du 20° siècle. J'ai également travaillé sur l'Ecole de Francfort et je reprends actuellement la lecture de Lukacs que je considère comme étant un immense philosophe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Néanmoins, je ne me suis pas laissé enfermer dans une dichotomie politique droite/gauche que je n'ai jamais pu prendre réellement au sérieux, ce qui m'a poussé à rencontrer parfois des hommes venus d'horizons politiques parfois opposés les uns aux autres. Je me suis aperçu, alors, que certains en arrivent également à se désintéresser des clivages idéologiques obsolètes encombrant toute réflexion authentique et approfondie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Enfin, il me paraît important de dire que l'interrogation métaphysique a mûri lentement au cours de ma vie et qu'une réflexion sur l'être social ne saurait prétendre l'occulter. De ce point de vue, des auteurs comme René Guénon, Raymond Abellio ou Henry Corbin pour l'ésotérisme islamique m'ont transformé intérieurement. Sous ce rapport, mon angle de vision de la politique en porte implicitement la marque.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je n'aime pas le terme d'intellectuel pour parler de moi, je suis attaché (par mes origines familiales) à la praxis des prolétaires conscients comme on peut le dire en termes marxistes. Mais, par ailleurs, ce qui m'importe est la vie théorétique comme la définissait Aristote.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;2) Quel est le thème central de votre livre ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; En premier lieu, précisons que le livre dont nous parlons donne un compendium de textes parus depuis six ans dans la revue «Rébellion» sise à Toulouse et qui ont été parfois retravaillés, corrigés et auxquels ont été adjoints des inédits. Nous ne signons pas la plupart du temps nos articles, car pour un grand nombre d'entre eux, ils ont été écrits à plusieurs. De surcroît, nous insistons sur l'aspect communautaire de notre entreprise aux antipodes de la conception individualiste libérale/libertaire régnante. Le thème central de tous nos textes - l'axe autour duquel gravite notre réflexion - est la réappropriation et le développement d'une pensée socialiste révolutionnaire en rupture avec le devenir-monde du capital et son exécrable domination de la loi de la valeur sur toute expérience humaine. Nous dénonçons le fait qu'il ne subsiste plus d'autre communauté que celle du capital qui éradique les diverses identités culturelles en soumettant le rapport social à l'économie. Tous les problèmes gigantesques se posant actuellement à l'humanité (du moins ceux qui relèvent strictement de la politique) découlent de cela à notre avis.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Une phrase pouvant donner l'idée de notre recherche critique ? Lorsque nous définissons le Communisme, p. 183 : «C'est une philosophie de l'individu pratique, vivant, agissant, tissant des liens sociaux et qui est en rupture avec la métaphysique de la subjectivité débouchant sur l'atomisme social et «l'arraisonnement du monde» dont la figure parachevée est celle du capital...».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;4) Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Notre livre est-il musical ? Est-il suffisamment nietzschéen pour cela ? Ne tentons pas de syncrétisme en ce domaine mais nous pouvons penser au Chant des Canuts lyonnais du 19° siècle, à la musique sidérante de Joy Division et aux abîmes d'une symphonie de Chostakovitch.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Je désirerais partager avec mes lecteurs, non pas une rébellion de convention mais le sentiment d'une force intérieure donnant le courage de tourner le dos à la sinistre comédie mise en scène par la classe dominante, couverte de masques multiples. Ne vous laissez pas déposséder de vous-mêmes par une aliénante socialisation. La personne humaine n'est pas soluble dans la collectivité ou dans l'espèce mais - le paradoxe n'est qu'apparent - l'individualité véritable n'est pas étrangère à une pratique communautaire ; le capitalisme n'est pas l'horizon ultime des hommes.&lt;br /&gt; Je ressens personnellement une grande «distance» envers la banalité du monde contemporain et malgré tout, une forte préoccupation envers la souffrance sociale que celui-ci engendre. Il me paraît raisonnable de penser que l'idée d'une réduction de cette dernière peut être partagée et mise en pratique. Le reste ne relève guère de la politique et ce «reste» constitue également un vaste champ d'interrogation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Jean Galié&lt;/p&gt;
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<title>Petit entretien syndical...</title>
<link>http://rebellion.hautetfort.com/archive/2009/11/15/petit-entretien-syndical.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rébellion)</author>
<category>Le Journal</category>
<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 19:05:36 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Grace à un militant syndicaliste nous avons pu répondre à quelques questions pour un bulletin syndical niçois «&amp;nbsp;altermondialise&amp;nbsp;». Les réponses ici exposées n'ont pas pu être totalement reproduites dans le bulletin faute de place...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Etre Socialiste Révolutionnaire Européen, qu'est-ce que c'est ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Etre SRE, c'est s'inscrire consciemment dans la tradition prolétarienne de lutte née sur notre continent et qui s'est étendue ailleurs postérieurement. Mais c'est également concevoir un projet géopolitique européen alternatif à la domination unipolaire des Etats-Unis dont la classe dominante européiste est la docile servante. Par là même, c'est s'allier aux autres pays et peuples qui, dans le monde tentent d'échapper à la domination impérialiste occidentale. De plus, un mouvement social réellement opposé au capital ne pourrait prendre de l'ampleur qu'à une vaste échelle, en touchant les puissances principales européennes. A l'époque des grands blocs géopolitiques et géoéconomiques (USA, Russie, Inde, Chine, etc.), se replier sur la seule France, est une forme schizoïde de perception du réel, même si, par ailleurs, la lutte débute toujours ici et maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Sur votre blog* internet, vous mettez en exergue &quot;contre la droite du système&quot; / &quot;contre la gauche du système&quot;, pouvez-vous développer ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les concepts de droite et de gauche en politique sont nés lors de la Révolution française et se sont transformés de manière complexe tout au long de notre histoire. Sans pouvoir développer, mais à titre d'exemple, rappelons que la gauche de la première moitié du 19° siècle désignait la bourgeoisie libérale opposée aux anciennes classes sociales devenues obsolètes (aristocratie, etc.). Marx s'est-il jamais dit de «&amp;nbsp;gauche&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Que l'on nous montre le texte&amp;nbsp;! Le capital s'accommode fort bien de la mascarade de l'alternance droite/gauche au pouvoir. Il faut rompre avec cette logique. Pour ce faire, il faut repenser le contexte de la lutte de classe au sein de la mondialisation que tout le monde - ou presque -&amp;nbsp; accepte. Mais ce qui est en jeu, ce n'est même pas la globalisation des échanges. En réalité celle-ci est inséparable de la mondialisation (on ne peut séparer mécaniquement les deux comme si un des deux aspects était neutre et bon en soi) que nous analysons comme étant le devenir-monde de la domination aliénante du capital. Dit autrement, le capital semble être devenu le seul Sujet de l'histoire humaine. Le concept d'altermondialisation (prôné par certains secteurs de gauche et même de droite) n'a, ainsi, pas de portée critique réelle (car non dialectique&amp;nbsp;!). C'est accepter les termes du problème en l'état en leur donnant un autre habillage. La sortie du genre humain de l'aliénation n'a pas de sens économique justement&amp;nbsp;! Elle ne peut se faire que par le dépassement de l'aliénation de la pratique humaine à l'économie (dépassement qui a été rendu possible par la phase capitaliste et devient dès lors nécessaire). De fait, il ne pourrait se réaliser que par la régénération et le devenir de nouvelles identités collectives humaines et non par le mécanisme séparé des seuls échanges économiques aliénés. De la droite à la gauche y compris à leurs extrêmes, on ne veut surtout pas comprendre cela... En effet, altermondialisme signifie rigoureusement&amp;nbsp;: un autre mondialisme&amp;nbsp;! Le socialisme n'a jamais été cela. La globalisation des échanges n'est jamais que l'extension/intensification de la domination de l'économie sur le lien social, ce que Marx a critiqué en premier lieu. Le mondialisme n'est que l'expression idéologique tendant à légitimer ce processus. Le communisme était pour Marx le développement libre et riche de sens de l'individualité humaine («&amp;nbsp;le règne de la liberté commence seulement à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures&amp;nbsp;; il se situe donc, par sa nature même, au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite&amp;nbsp;», donc au-delà des exigences de l'actuelle globalisation) et non l'uniformisation des peuples et des cultures. A l'opposé, concevoir comme étant inévitable la circulation tous azimuts d'hommes et de marchandises est le vœu le plus cher du capital.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui le champ syndical est plus que limité, comment voyez-vous les choses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Evidemment que le champ syndical est limité, tout autant que la critique effective du capital&amp;nbsp;! Ce dernier a remporté une manche importante dans les péripéties de la lutte de classe, en particulier, à la suite de la disparition du bloc socialiste de l'Est européen vendu pour quelques deniers par sa classe dirigeante. A partir de cette perte de repères - à tort ou à raison - par le prolétariat mondial, la dynamique du capital n'a pas rencontré d'obstacle majeur y compris sur le plan géopolitique. Lorsque cela lui a été nécessaire, la bourgeoisie a entrepris des guerres impérialistes sanglantes sous couvert de droits de l'Homme (Irak, ex-Yougoslavie, Afghanistan, etc.). Pendant ce temps le prolétariat et ses organes de lutte (politiques et syndicaux) étaient laminés, et l'étaient d'autant plus que la gauche était intégrée depuis longtemps dans les rouages du système. Même les mouvements puissants de contestation (milieu des années 90 en France, par exemple) ne savaient pas réellement sur quoi déboucher, faute d'une finalité révolutionnaire consciente et radicale.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment être efficace et aller de l'avant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous n'avons évidemment pas de panacée universelle. Mais il faut toujours revenir aux aspects fondamentaux de la lutte de classe&amp;nbsp;: articuler lutte immédiate (défense des salaires, de l'emploi, des conditions de travail, etc.) et stratégie à plus long terme visant à faire céder le verrou du rapport social capitaliste. Comment concrétiser cette articulation&amp;nbsp;? A) Par le principe de l'extension/communication des luttes sur le plan géographique. Ne jamais s'isoler dans l'entreprise pour ne plus en sortir. C'est malheureusement, souvent, cette stratégie du désespoir qui est adoptée. B) Par tous les moyens, la théorie révolutionnaire doit se répandre afin de fournir les principes d'action et de compréhension critique du réel. Ce dernier aspect est trop délaissé de nos jours. Le système possède un pouvoir de sidération/manipulation gigantesque qu'il faut contrecarrer. A &lt;i&gt;Rébellion&lt;/i&gt;, nous essayons d'apporter notre contribution à cette tâche.&lt;/p&gt;
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<title>Conférence sur l'oeuvre de Jean Parvulesco</title>
<link>http://rebellion.hautetfort.com/archive/2009/11/15/conference-sur-l-oeuvre-de-jean-parvulesco.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rébellion)</author>
<category>Communiqués</category>
<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 18:07:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Conférence sur l'oeuvre de Jean Parvulesco le mardi 17 novembre, 20h30 à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm à Paris.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://rebellion.hautetfort.com/media/00/01/1678847177.jpg&quot; alt=&quot;parvu.jpg&quot; id=&quot;media-2103125&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Edito : &quot;Le livre de la Jungle&quot;</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Rébellion)</author>
<category>Le Journal</category>
<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 08:44:46 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Editorial du numéro 39 de Rébellion, prochainement disponible.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous évoquions dans notre éditorial précédent (n° 38.sept/oct 09) les caractéristiques essentielles de la Ferme Mondiale dans laquelle le capital parque le genre humain. Cette évocation ne serait pas complète sans la description de la Jungle libérale encerclant de toutes parts les bâtiments de la Ferme. Jungle profonde et quasi impénétrable où se trament tous les coups tordus et dans laquelle la sauvagerie (du latin silva, forêt) se donne libre cours. Cette Jungle est qualifiée de « libérale » par un étrange retournement sémantique dont ce qualificatif fait l’objet. Il fut un temps où un homme libéral désignait quelqu’un manifestant de la générosité, faisant preuve de libéralité (vertu suprême du héros cartésien), où une activité libérale qualifiait celle-ci comme étant non contrainte, non mercenaire, témoignant de la dignité de celui qui s’y adonnait. Puis vinrent d’étranges idéologues qui par « libéral », « libéralisme » firent accroire au public qu’il suffisait de poursuivre son intérêt égoïste dans l’objectif de le maximiser au plus près pour être libéral et qu’il n’y avait pas à s’en faire sur le plan moral puisqu’un rapide calcul global et statistique montrerait que l’intérêt général en serait automatiquement satisfait.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors les repères, certes mouvants, distinguant la nature de la culture s’estompèrent et le darwinisme social devint le credo de notre temps. Le monde dit civilisé, ainsi dérégulé socialement devint un champ de ruines où la loi de la Jungle s’inscrivit au cœur des cités. Ne vit-on pas ces dernières semaines apparaître en plein Calais, une dite Jungle peuplée d’afghans attirés probablement par la publicité faite à « Bienvenue chez les ch’tis » ? Comme pour la forêt équatoriale, les lianes de la jungle calaisienne repoussent instantanément après avoir été coupées. Les rodomontades policières ne sont que poudre aux yeux afin de faire semblant d’enrayer le processus d’immigration afghane vers notre continent. On vit même évacuer par bus quelques dizaines d’afghans vers des centres de la proche banlieue toulousaine. Le pouvoir espérait-il qu’une partie du comité de rédaction de « Rébellion » sise à Toulouse allait déclencher en leur faveur une campagne de soutien ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce ne peut être notre réaction ! Nous ne nous réjouissons certes pas des conditions d’existence au sein de la Jungle et sommes sensibles à la souffrance humaine. Cela étant dit, nous n’oublions pas que l’Afghanistan a eu la possibilité de tenter une expérience socialiste, aussi imparfaite soit-elle, mais que certaines oreilles afghanes ont été plus sensibles aux sirènes de la CIA armant des fondamentalistes rétrogrades qu’aux orientations sociales d’un régime proposant de tirer le pays d’un immobilisme clanique ancestral (là aussi il ne faut pas confondre défense d’une identité culturelle avec sclérose des rapports humains). Par ailleurs, nous avons été surpris par le silence assourdissant des milieux féministes qui auraient logiquement du se faire entendre. Les nombreuses images diffusées de l’évacuation de la Jungle ne firent pas apparaître une seule silhouette féminine parmi les « malheureux » embarqués. Les femmes sont donc restées aux fourneaux à Kaboul ! Enfin de compatissants journaleux nous présentèrent à la TV, le périple de quelques afghans depuis leur pays d’origine pour lequel long périple, ils avaient déboursé la coquette somme de 20000 dollars ! C’est le fameux bas de laine afghan… Rapatriés vers Kaboul aux frais du peuple français, ils reçurent d’un représentant de notre gouvernement, 2000 euros chacun, à leur arrivée (20 mois de salaire moyen local !) et sont, depuis, gracieusement logés dans un « modeste » hôtel de la capitale afghane aux frais de la généreuse République française. Les prolétaires de notre pays, tirant la langue quotidiennement, apprécieront.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On voit bien là le jeu hypocrite de la bourgeoisie coincée entre ses contradictions : intervention impérialiste otanesque finissant de détruire l’Afghanistan, entraînant une réaction de fuite de ceux qui peuvent encore quitter leur pays d’origine, créant par là même une immigration chaotique avec son commerce maffieux de passeurs et donc une situation hallucinante sur notre sol à laquelle répond un vague humanitarisme de la part des gouvernements européens, assorti de mesures plus ou moins sécuritaires.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; L’épisode afghan est le résumé de la situation que le capital fait endurer à tous les peuples de la Terre, c’est la loi de la jungle du profit et de la domination globalisée à son enseigne. C’est l’injonction du « déchirez-vous les uns les autres » à laquelle, les querelles internes à la classe dominante, montrent qu’elle n’échappe pas elle-même. En se donnant en spectacle, celle-ci tente encore de donner à penser que le capitalisme peut se purger de ses pratiques malsaines (cf. les dernières affaires hexagonales de règlement de compte entre politiciens du système : de Villepin, Jean Sarkozy, Pasqua etc.). Cela ne nous intéresse pas le moins du monde, si ce n’est à titre de symptôme signifiant qu’il n’y a pas de catharsis du capital. Cela fait bien longtemps que les révolutionnaires disent que ce système est destiné à disparaître, qu’il est condamné par sa nature même, ses contradictions internes. Cette idée exprimait, certes, le désir de ceux prononçant son arrêt de mort, leur part d’espérance voire d’utopie dans laquelle on a pu percevoir un messianisme sécularisé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D’accord, il n’y pas de fatalité historique conduisant le capitalisme à sa mort. Certaines formulations du socialisme ont pu être parfois hâtives ou simplificatrices. Néanmoins, cela ne rend pas plus légitime la dévastation de l’humanité par la mondialisation capitaliste. Cela ne justifie pas plus une approche empreinte de tiédeur dans la critique à son égard (les demi mesures du développement durable et de l’altermondialisme entre autres choses). Les penseurs socialistes pensaient que le capitalisme ouvrait un éventail de possibilités pour l’humanité, plus ample que les formes sociales l’ayant précédé (point de vue de Marx sur le communisme). Actuellement, il nous fait courir le danger d’éradiquer ces possibilités en nous léguant une terre dévastée (destruction de la biodiversité) et une jungle sociale sans diversité. Cela reste pour nous l’enjeu principal que doit relever la critique socialiste et révolutionnaire de ce monde aliéné.&lt;/p&gt;
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<title>Sur les idées Socialistes Révolutionnaires Européennes</title>
<link>http://rebellion.hautetfort.com/archive/2009/10/28/sur-les-idees-socialistes-revolutionnaires-europeennes.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rébellion)</author>
<category>Manifeste de Rébellion</category>
<pubDate>Wed, 28 Oct 2009 23:10:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;b style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;Les observations intéressantes que Louis Dalmas nous adresse, dans sa sympathique recension, dans le B-I Infos de septembre 2009,&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; du livre que nous venons de faire paraître aux Editions Alexipharmaque, appelait quelques éclaircissements et précisions sur les idées Socialistes Révolutionnaires Européennes que nous défendons :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;1/ Quand nous condamnons l’individualisme libéral et l’hédonisme actuel, nous ne nous attaquons pas à l’idée légitime de la recherche du bonheur&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; mais à son détournement et sa dénaturation pour le capitalisme triomphant. Lié à l’atomisation de la société, ce phénomène de marchandisation des corps, de corruption des sentiments par la logique de l’argent et de recherche effrénée de la consommation ne nous semble pas œuvrer à l’épanouissement des individus qui s’y enferment. Au contraire, cette course au vide est porteuse d’addictions mortifères qui ne peuvent mener à rien d’autre qu’à la frustration de masse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;2 / Notre opposition à l’Union Technocratique Européenne est totale et radicale. Pour nous, par son origine et ses buts, elle est un instrument du capitalisme visant à mener à bout l’intégration des pays et des peuples européens dans un monde globalisée où l’argent est roi. Œuvrant à la destruction des acquis des luttes des travailleurs et au démantèlement des Nations, elle est une entreprise de « normalisation » de l’espace européen dans le but de faire sauter les barrières à l’extension du « turbo-capitalisme », c’est-à-dire à sa domination réelle (Marx) sur le rapport social. Depuis 1989, cette logique s’est accélérée et a provoqué les catastrophes économiques à répétition et les dégradations des conditions de vie des classes populaires que nous subissons depuis 20 ans.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;Pour nous le combat contre cette « Union Européenne » au service du capital est à mener sur une ligne clairement Socialiste Révolutionnaire et patriotique. Un socialisme aux couleurs de la France et de l’Europe serait pour nous l’alternative, car nous considérons qu’une France libérée de la domination de la mondialisation libérale et du capital pourrait être le moteur d’un autre construction européenne, basée sur des valeurs de respect des communautés locales, des peuples et des Nations. Comme nous l’avons écrit « Nous pensons qu'il y a une identité européenne en devenir et que si celle-ci veut exister, elle ne pourra pas le faire en dehors d'une volonté socialiste révolutionnaire européenne ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;Si l'on désire une analogie contemporaine, pensons au projet continental bolivarien réactualisé par Hugo Chavez, tentant de construire « le socialisme du XXI siècle » avec d'autres forces révolutionnaires d'Amérique latine, tout cela articulé à une démarche patriotique et conduite par des objectifs authentiquement populaires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;Nous avons également insisté sur le fait que l'Europe ayant vu naître le mode de production capitaliste avait parallèlement pensé l'antidote à celui-ci à travers son mouvement ouvrier. Actuellement, l'Europe est potentiellement une aire géoéconomique et géopolitique puissante ; elle doit son inexistence politique à la trahison consciente de sa bourgeoisie dominante au service du mondialisme et du projet unipolaire étasunien. Dans le monde multipolaire que nous appelons de nos vœux, elle pourrait faire pièce à ce dernier et entretenir des relations de coopération très efficaces avec les continents déshérités tout en promouvant un autre modèle social d'existence. Justement, sur ce point, le socialisme ne saurait être la copie exportée de l'industrialisme, du productivisme occidental avec lesquels, nous-mêmes, devrions rompre. Chaque aire géopolitique devrait pouvoir penser et appliquer une forme de socialisme adaptée à ses nécessités matérielles et à ses traditions culturelles, spirituelles. L'Europe par la multiplicité de ses atouts devrait être à la pointe de ce combat et se ressaisir à cette fin. C'est ce que nous essayons d'exprimer par le SRE et son slogan : &quot; Libérons l'Europe de l'OTAN et du capital ! &quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;3/&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Louis Dalmas nous faisait remarquer que notre démarche pouvait être comprise comme une sorte de « tout ou de rien ». Cela est juste en effet, nous refusons&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; radicalement la logique des schémas idéologiques actuels.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Pour nous, le capital s’accommode fort bien de la mascarade de l’alternance droite/gauche au pouvoir.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Ce n’est pas par sectarisme que nous nous écartons du « réformisme »&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; social-démocrate ou syndical, mais parce que nous avons compris leur rôle d’alliés objectifs des tenants du libéralisme (de Droite comme de Gauche). C’est pour cela aussi que nous avons renforcé notre position contre les pseudos oppositions « extrémistes » ( comme les trotskystes du NPA , les démagos droitistes, les intellectuels radicaux de salon comme Badiou ou les bobos alters), qui servent à mener les révoltes et les &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;luttes des travailleurs dans des impasses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;Nous n’avons évidemment pas de panacée universelle ou de réponse toute faite à la question cruciale : « Que faire ? ». Mais il faut toujours revenir aux aspects fondamentaux de la lutte de classe : articuler lutte immédiate (défense des salaires, de l’emploi, des conditions de travail, etc.) et stratégie à plus long terme visant à faire céder le verrou du rapport social capitaliste. Pour cela, il faut construire l’organisation révolutionnaire capable de mettre en place un rapport de force favorable pour les classes populaires contre l’oligarchie en place.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;Le champ politique connaît une vaste recomposition depuis quelques années, nous tendons la mains aux camarades et aux organisations qui luttent effectivement pour la défense du Peuple et de la Nation par delà le clivage&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Gauche-Droite.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Communistes et Socialistes Révolutionnaires authentiques, syndicalistes trahis par leurs directions, patriotes de toutes tendances, jeunes ou moins jeunes révolutionnaires : unissez vous ! Sans dogmatisme, nous sommes favorable à de larges convergences, mais dans un sens authentiquement révolutionnaire.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; La preuve que cela est possible est l’existence même d’une revue comme BI Infos, qui offre un espace d’échanges et de débats aux esprits libres. Par tous les moyens, la théorie révolutionnaire doit se répandre afin de fournir les principes d’action et de compréhension critique du réel. Ce dernier aspect est trop délaissé de nos jours. Le système possède un pouvoir de sidération/manipulation gigantesque qu’il faut contrecarrer. A Rébellion, nous essayons d’apporter notre modeste contribution à cette tâche.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Jean Galié et Louis Alexandre pour le journal Rébellion et l’Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://rebellion.hautetfort.com/media/00/02/2087100868.jpg&quot; alt=&quot;CR.jpg&quot; id=&quot;media-2069366&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
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<title>Entretien avec Bruno Drweski</title>
<link>http://rebellion.hautetfort.com/archive/2009/10/28/entretien-avec-bruno-drweski.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rébellion)</author>
<category>Le Journal</category>
<pubDate>Wed, 28 Oct 2009 23:02:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt; mso-bidi-font-style: italic;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Entretien avec bruno Drweski, paru dans Rébellion numéro 28 Janvier-Février 2008&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A1&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A1&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;L’Université française est-elle définitivement devenue une fabrique de serviteurs de la pensée unique ? Non, quelques esprits rebelles parviennent encore à faire entendre une voix dissidente en son sein. Bruno Drweski est un des meilleurs spécialistes français de l’histoire politique de l’Europe du cen­tre et de l’Est, et il s’est plus récemment intéressé à certains pays arabes comme le Soudan, la Syrie, l’Irak. Co-fondateur du Réseau européen d’économie alternative et solidaire, il fut Di­recteur de La Nouvelle Alternative et rédacteur en chef de « La Pensée », puis directeur de « La Pensée libre ». Il a collaboré à de nombreuses publications (Le Monde Diplomatique, la revue Voltaire…), et il est l’auteur de nombreux livres (dont certains en collaboration avec notre camarade Claude Karnoouh). Nous tenons à le remercier chaleureusement d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Rébellion&amp;gt;Pourriez-vous nous présenter votre parcours ? Pour­quoi vous êtes-vous intéressé à des zones géographiques aussi différentes que l’Europe de l’Est et le Soudan ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://rebellion.hautetfort.com/media/01/00/1752156295.jpg&quot; alt=&quot;arton407-1f8ff.jpg&quot; id=&quot;media-2069313&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Bruno DRWESKI&amp;gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;C’est une sor­te d’évolution en « cercles concentri­ques », à partir de mon « terrain de départ » où s’est joué le destin d’une tentative d’alternative face à l’impé­rialisme. À partir donc d’une zone « périphérique » par rapport à l’Occi­dent développé vers une autre zone, elle-aussi « périphérique » depuis la décadence du monde musulman à la fin de ce que nous appelons en Euro­pe le Moyen-Age (notion qui n’a de sens qu’en Europe occidentale). Tous ces espaces ont donc été touchés de­puis le XIXe siècle par différentes ten­tatives de « rattrapage », d’abord en copiant le capitalisme et l’État-na­tion occidental moderne, puis autour d’une « voie non capitaliste de déve­loppement », et finalement ils ont été « rattrapés » par la spirale de la det­te, la domination de la pensée unique et les réajustements structurels.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Par ailleurs, à l’heure de la (re)mondialisation du capitalisme, depuis 1991, la question de la souve­raineté des peuples et des États refait surface, et il est intéressant de com­parer en quoi cette question rassem­ble ou, au contraire, différencie, les États qui se sont soumis au capita­lisme néolibéral, ceux qui tentent de maintenir un non-alignement sociali­sant comme la Syrie, ou ceux qui ont tenté une encore hypothétique voie islamique originale, …très souvent d’ailleurs à partir de cadres qui ont fait leur école politique dans le parti communiste, comme il n’est pas rare de le constater au Soudan. La ques­tion centre/périphéries reste omni­présente sur le plan socio-économi­que, mais aussi culturel. Et les socié­tés qui ont une culture plus égalitai­re, les sociétés musulmanes, les so­ciétés de l’Est, mais aussi la société française au moins depuis la Révo­lution, et toutes celles qui ont connu des révolutions sociales offrent un in­térêt comparatif pour les chercheurs, et éveillent de la sympathie, voire de l’espoir pour les hommes libres.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;La comparaison « planétaire » de­vient de toute façon nécessaire dès lors que nous appartenons tous, de gré ou de force, à la même réali­té « objective », tout en constatant l’enracinement ici ou là d’« identi­tés subjectives » différentes, s’ap­puyant d’ailleurs sur des réalités pro­fondes liées au génie de chaque peu­ple en tant que cercle de culture poli­tique autonome, dans le cadre d’une interactivité devenue par la force des choses mondiale. Les peuples conti­nuent donc à exister à l’heure de la mondialisation, mais d’une façon en fait plus « politique » que par le pas­sé si l’on observe bien. Le rôle de la communauté de culture politique, so­ciale, religieuse (au sens social, voi­re universaliste, de ce terme) prenant de plus en plus le dessus sur les dif­férences apparentes, rituelles, physi­ques, etc. Et la globalisation rend les interactions plus fréquentes. C’est cet aspect que la « mondialisation » capi­taliste essaie de gommer, pour rédui­re les différences nationales à des ri­tes « tribaux » juxtaposés et porteurs de méfiances inexplicables par princi­pe, ce que les guerres de Yougoslavie ont par exemple démontré.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Vous avez particulièrement étu­dié la situation de la Pologne. Comment ce pays de l’ancien Bloc de l’Est a-t-il géré la transi­tion d’un régime communiste à une économie libérale ? Quelles furent les répercussions directes sur la vie de la population ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;Le régime précédent, celui du « so­cialisme réel » et non du commu­nisme qui n’était même pas formel­lement à l’ordre du jour en Pologne « populaire », a largement été dé­mantelé de l’intérieur, à la fois admi­nistrativement et idéologiquement, avec un « accompagnement » de ce processus par des personnalités qui avaient leurs entrées dans les cercles dominants d’outre-Atlantique. Rappe­lons que la Pologne a adhéré au FMI avant 1989, et que la « libération des prix » a aussi été le fait du dernier gouvernement « communiste ». Cela explique d’une part le caractère « pa­cifique » de cette transition « au som­met », et le fait que la société n’en a pas perçu au départ les tenants et les aboutissants, puisque les accords de la Table ronde de 1989 prônaient en principe (pour camouflage) l’élar­gissement, et non la diminution, des avantages sociaux ainsi que l’instau­ration d’une économie plurisectorielle (étatique, coopérative, communale, privée, individuelle), sans privatisa­tions des entreprises existantes. Le basculement fut donc progressif dans le fond, et soudain dans la forme. Ceux qui appartenaient à des réseaux de pouvoirs, ou se trouvaient insérés dans des cercles de solidarités, ou possédaient des économies accu­mulées sous le socialisme, lorsque l’épargne était la conséquence des pénuries et des prix subventionnés, ont globalement surnagé, les autres se sont retrouvés précarisés. Ce fut en particulier le cas dans les localités qui ont cessé d’être desservies par les transports publics, sous prétexte de « rentabilité ». Aujourd’hui on peut être chômeur même en ayant reçu une offre d’emploi, à cause de la sup­pression des transports publics dans les localités « périphériques ». C’est ce qu’on appelle « l’efficacité du mar­ché » et une « politique rationnelle de l’emploi » !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;Aujourd’hui en Pologne, pour la plu­part, la journée de travail de huit heu­res n’est plus qu’un lointain souvenir. Il faut travailler plus pour gagner moins. Ne nous étonnons donc pas si le taux d’activité syndicale ou politi­que, y compris la participation électo­rale, est devenu très faible. Pour avoir une opinion politique, et plus en­core pour la défendre, il faut avoir du temps. Si à cela on ajoute la menace du surendettement, on comprend les causes de l’accalmie sociale. Sans oublier que la culture, sans mécénat d’État, n’est plus en état d’entretenir le climat d’ébullition que la Pologne avait connu auparavant, malgré la censure. Wajda pouvait produire dans la Pologne populaire avec l’argent pu­blic un film dénonçant les vices de la période stalinienne ou décrivant les grèves de 1970. Aujourd’hui, aucun mouvement social n’est plus mis à l’écran. Et comme chacun le sait dans nos sociétés médiatisées, si quelque chose n’apparaît pas à l’écran, c’est que ça n’a pas lieu...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;La victoire de la « Plateforme Civique » libérale (PO) sur les conservateurs de « Droit et Jus­tice » aux législatives d’Octobre&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;2007 a&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;mis un terme à l’expé­rience du gouvernement des frè­res Kaczinski. Quel est le bilan de leur politique, que certains journalistes de l’Ouest avaient qualifiée de « populiste »?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Si par populisme, on entend déma­gogie, alors leur politique le fut peut-être un peu plus crûment que les précédentes, mais pas forcément plus profondément. Si par populisme, on comprend prise en compte des be­soins du peuple, là encore elle le fut un peu plus, dans la mesure où, et dans les formulations (mais ce n’est pas secondaire, les représentations !), et dans certaines politiques sociales, en particulier dans les petites villes et les campagnes, le gouvernement sortant avait pris formellement en compte les besoins sociaux de catégories lais­sées jusque là quasi-officiellement au bord de la route. Cela était peut-être démagogique et superficiel, mais cela a représenté une étape sans doute ir­réversible dans la délégitimation des réformes néolibérales accomplies de­puis 1989. Au point où les nouveaux dirigeants qui s’apprêtent à gérer le pays semblent avoir cessé, formel­lement du moins, de considérer les pauvres comme étant responsables de leur sort, et de soutenir que le souci pour les classes populaires est une marque d’archaïsme. Il y a donc un changement dans la forme, même si, dans le fond, rien n’a vraiment changé …si ce n’est l’émigration vers l’Europe occidentale de 2 à 4 millions de Polonais et la distribution des fonds européens. Sur le plan international, malgré les tentatives des ex-parte­naires minoritaires de la coalition de pousser la Pologne à évacuer l’Irak, et à prendre quelques distances avec les Etats-Unis, voire d’entamer des manoeuvres pour un rapprochement euro-asiatique correspondant à ce qu’attendent beaucoup de Polonais, en particulier dans les régions orien­tales du pays, dans les milieux des af­faires et dans les couches populaires, force est de constater qu’il n’y a pas eu de rupture.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;L’intégration à l’Union Européen­ne ne s’est pas faite sans sacri­fices pour les classes populaires (en particulier pour le monde rural et les ouvriers). Comment l’Europe est-elle perçue par les polonais? A-t-elle entraîné des changements dans la société po­lonaise ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Pour le moment, les avantages son­nants et trébuchants semblent quand même prendre le dessus au sein de l’opinion qui, auparavant, avait été très craintive sur les conséquences immédiates de l’adhésion. Et pour les jeunes, les possibilités d’émigration, temporaire ou durable, vers les îles occidentales (terme que préfèrent les Irlandais au terme d’îles britanni­ques !) ou d’autres pays de l’UE sou­lèvent encore un frisson d’exotisme et de modernité. Le problème clef qui reste non géré pour le moment sera celui de la restructuration de la petite agriculture, des mines, de l’acier, etc. Et la question des capacités des puis­sances de l’Union européenne à en­visager des coopérations euro-asia­tiques mutuellement avantageuses, avec la Russie, les pays post-sovié­tiques, l’Extrême-Orient, par-dessus ce qu’on appelle en Pologne « le mur de Schengen ». Sans cela, la Pologne deviendra le cul-de-sac de l’Union européenne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Le futur probable premier mi­nistre, Donald Tusk, annonce un virage économique plus libéral. Une résistance au capitalisme existe-t-elle en Pologne ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Si l’on se réfère aux opinions de la masse de la société polonaise depuis 1989, la majorité a constamment préféré la propriété publique à la pro­priété privée, et estime que les pou­voirs publics ont l’obligation d’assurer la cohésion sociale et l’élimination des inégalités. Mais les élites politiques se sont toutes rangées derrière la ban­nière du néolibéralisme déjà avant 1989, laissant le peuple aphone. Des résistances, parfois même viru­lentes, se sont manifestées dans la spontanéité tout au long des années. Mais elles furent rarement coordon­nées, puisque les grands syndicats ouvraient leur « parapluie protec­teur » au-dessus des gouvernements successifs. En effet, les syndicats « ex-communistes » étaient liés aux « ex-communistes » devenus so­ciaux-libéraux, tandis que « Solidar­nosc » était liée aux partis de droite, traditionalistes mais le plus souvent néolibéraux. De petits syndicats de mineurs ou d’agriculteurs ont émer­gé. Des forces de gauche radicales se sont manifestées, mais il a toujours manqué un élément fédérateur qui puisse surmonter l’atomisation grou­pusculaire dont on perçoit d’ailleurs difficilement les causes, tant elle est suicidaire pour ces groupes. La logi­que du « complot » qui a de vieilles traditions dans une Pologne habituée depuis presque 200 ans aux luttes clandestines tend à expliquer cette fragmentation par le rôle provoca­teur des nouveaux-anciens services spéciaux. Aucune explication éla­borée n’a toutefois pu être produite pour expliquer pourquoi il existe un tel clivage entre l’opinion du « pays réel » et celui du « pays officiel », sans que des tensions durables ne se soient manifestées. Il faut sans doute reconnaître aux partisans du système un certain savoir-faire, voire une ca­pacité manipulatrice, dans la gestion des contradictions et des tensions.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;L’alignement de l’ancien gouver­nement conservateur sur la di­plomatie américaine était connu (Intégration à l’OTAN, envois de troupes en Irak, implantation de bases en vue du déploiement du bouclier anti-missile améri­cains). Dans le même temps, le gouvernement polonais aide directement certaines ONG à déstabiliser le régime biélorusse. Quel rôle joue la Pologne dans la nouvelle stratégie atlantiste ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Je ne sais pas trop si l’on peut parler de conservatisme en Pologne dans la mesure où depuis 1939/45 il n’y avait plus rien à conserver. On peut en revanche parler de traditionalisme. L’intégration dans l’OTAN et la par­ticipation à l’attaque de l’Irak furent le fait des sociaux-libéraux « ex-communistes », et non de la droite, mais l’équipe suivante a prolongé ces choix, malgré la présence en son sein de quelques personnes qui auraient souhaité un rééquilibrage. Le comble a été atteint par le fait que, devant la débâcle des occupants US en Irak, ce sont maintenant les libéraux atlantis­tes de PO qui ont promis d’évacuer l’Irak.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Les élites politiques polonaises, qui n’ont pas de vision stratégique, et qui ont été amenées à nier les méfiances envers le voisin occidental de la Po­logne depuis 1989, se sont automa­tiquement retrouvées à devoir « cul­tiver » l’autre versant de la tradition élitiste polonaise datant des siècles précédents, la russophobie, géné­ralement accompagnée d’une con­descendance envers les populations « paysannes » des anciens confins orientaux de la Pologne, la Biélorus­sie et l’Ukraine. Cette Pologne adopte facilement un ton « protecteur » en­vers ces pays, qu’ils s’associent à elle comme les « orangistes ukrainiens », ou manifestent une indépendance de vue comme le président « populiste » de Biélorussie. La période des frè­res Kaczynski a néanmoins introduit une certaine cacophonie car, sans renoncer aux préjugés russophobes, ils ont manifesté une méfiance nou­velle pour l’Allemagne, isolant ainsi complètement la Pologne sur la scène européenne. Pour les Etats-Unis à l’heure actuelle, cette attitude des élites polonaises, qui va à l’encontre et des intérêts à long terme du pays et de l’opinion de la « Pologne profon­de », sert leurs intérêts. Mais, comme l’expérience le montre, Washington n’a jamais hésité à sacrifier même ses meilleurs alliés aux aléas de la conjoncture, et, comme le disait feu l’ancien premier secrétaire du PC po­lonais, Wladyslaw Gomulka, « Mes­sieurs, sachez que la Pologne ne se trouve pas en Australie ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Jaroslaw Kaczinski, au lendemain même de sa défaite, déclarait que « la Russie représente tou­jours une menace pour la Polo­gne ». Où en sont les rapports entre les deux pays ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Sur le plan politique, ils sont exé­crables. Et il faut dire aussi que les dirigeants russes ne savent pas non plus faire preuve de beaucoup de délicatesses pour gommer les blessu­res du passé. Proclamer comme fête nationale, le jour où, au XVIIe siècle, la garnison polonaise fut expulsée du Kremlin afin de remplacer la fête de la Révolution d’Octobre apparaît comme une mesure mesquine et conjonctu­relle. Au niveau des populations et des entreprises en revanche, malgré les entraves faites aux frontières « exté­rieures » de l’Union européenne, les choses vont beaucoup mieux. Des capitaux russes sont investis en Po­logne. Des cadres polonais travaillent en Russie. Une entreprise est-ukrai­nienne (« russophone ») a racheté la meilleure aciérie du pays, celle de Czestochowa, et elle est en passe de sauver de la faillite les chantiers na­vals de Gdansk, tout un symbole. À cela, il faut rajouter le développement régulier des contacts commerciaux et politiques avec la Chine. La venue en Pologne de travailleurs chinois, viet­namiens, nord-coréens, qui viennent s’ajouter à ceux de l’ex-URSS déjà présents. Le paysage est donc con­trasté, et bien malin celui qui saura prédire l’avenir.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Ceci ouvre d’ailleurs aussi la question de l’absurdité des migrations, des Polonais vers l’Ouest, remplacés par des immigrants venus de l’Est. Là encore, il semble qu’il s’agisse à la fois de jouer sur les mains-d’oeuvre les moins chères possibles, tout en éliminant la possibilité d’un enracine­ment social indispensable pour toute mobilisation populaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Dans plusieurs Pays de l’Est, on a assisté à une « chasse aux sor­cières » visant d’anciens colla­borateurs du régime communiste (avec une série de révélations sur le passé de plusieurs person­nalités politiques, culturelles et même religieuses). Pourquoi ce réveil soudain des mémoires ? Plus globalement, qu’évoque l’expérience communiste aux po­pulations qui l’ont connue ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Ces « chasses aux sorcières » sont grotesques, car elles visent plus à dé­légitimer l’idée de radicalisme social qu’à atteindre les personnes liées au régime d’avant 1989. D’autant plus qu’en Pologne, les crimes systémati­ques ont cessé dès 1955. Grotesque pour la bonne raison que les cadres de l’ancien parti dominant n’étaient par principe pas des informateurs de la Sécurité d’Etat, qui n’enrôlait que des personnes hors du Parti. Et que beaucoup d’anciens dissidents sont passés directement des liens avec l’ancien régime à un alignement à partir des années 1970 envers les cercles dominants occidentaux. La menace de divulguer néanmoins des anciens contacts, permet de neutra­liser toute tentative d’émettre une opinion qui irait à l’encontre du tour­nant néolibéral et atlantiste d’après 1989 pris par ceux-là même qui ont participé au régime d’après 1944, devenant parfois ensuite dissidents pro-occidentaux, après s’être sou­vent réclamés du trotskysme puis de la social-démocratie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;En plus, ce « lavage de linge sale » a permis de prolonger l’opinion du « tous pourris », puisqu’il s’est avéré que des dissidents comme des hom­mes d’Églises ont coopéré avec les services de la sécurité d’un État qui, rappelons-le, était légalement recon­nu internationalement, alors que les frontières occidentales de la Pologne étaient menacées jusqu’en 1990. Et l’on ne bâtit pas un engagement populaire avec la généralisation du « tous pourris ». Il s’agit donc sans doute aussi de cela. Faire douter les Polonais, en particulier les jeunes, qu’il y a quoi que ce soit de respec­table dans la polonité, sous n’importe laquelle de ses formes. Cela, pour en faire des consommateurs mondialisés et des travailleurs embauchables, corvéables ou jetables au gré des fluctuations des marchés. Quoiqu’on pense par exemple de l’Église polo­naise, les attaques qui l’ont visé sur ce point sont scandaleuses, puis­qu’il était de notoriété publique que l’épiscopat polonais coopérait avec les « communistes » sur le terrain international pour défendre les fron­tières occidentales de la Pologne, en particulier au Vatican et face à l’Église allemande. Même chose pour les an­ciens résistants communistes ou an­ciens combattants des brigades inter­nationales ravalés au rang d’agents stipendiés du NKVD « tueur ». Ces campagnes permettent aussi de ten­ter de noircir une période contrastée de l’histoire polonaise, mais qui reste, selon toutes les études qui ont été menées depuis 1989 jusqu’à nos jours, considérée par une majorité va­riable de Polonais comme une période que l’on oserait à peine qualifier en France de « globalement positive », …et pourtant c’est bien cela l’opinion des gens de la rue en Pologne, toutes générations confondues.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Dans un autre domaine, pourriez-vous nous donner votre avis sur la crise du Darfour ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Je me suis intéressé au Soudan, puis aux autres pays arabes victimes d’une ingérence extérieure et d’une remise en cause du principe de non-ingé­rence et du droit des peuples, et donc des États à disposer d’eux-mêmes. Et cela, même si les politiques des dif­férents gouvernements restent criti­cables, surtout d’ailleurs remarquons le, lorsqu’elles se mettent à la remor­que d’intérêts extérieurs privilégiés par rapport aux intérêts nationaux. Le Soudan a connu une très longue période de guerre Nord/Sud qui s’est terminée par un compromis négocié qui a permis la reprise du développe­ment économique et de l’exploitation du pétrole local …grâce à la coopération, entre autres, des Soudanais de tous bords avec la Chine. Au Darfour aussi, comme dans le Tchad voisin, on a trouvé du pétrole, et la rivalité entre les grandes compagnies supra­nationales y fait donc rage aussi.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Par ailleurs, suite aux frais occasion­nés par les guerres régionales, aux politiques de désengagement des États sous l’injonction du FMI, à la dé­sertification progressive du Darfour, à l’augmentation de la population, à la désagrégation des traditions locales d’arbitrage entre tribus nomades et sédentaires pour l’accès aux points d’eau, on a assisté à une augmen­tation des tensions et des conflits. Les trafics d’armes ont remplacé les couteaux par la kalachnikov, et donc multiplié les morts de chaque côté, ce qui rendait impossible désormais de payer les traditionnelles « dettes de sang ». Les autorités centrales ont cru gérer le problème dans ce pays, fédéral rappelons-le, en laissant les pouvoirs locaux arbitrer et/ou répri­mer, alors qu’elles se concentraient avec succès sur les négociations de paix avec le Sud. Et, comme à Khar­toum au même moment, la redistri­bution des postes suite aux accords Nord/Sud et à la marginalisation de la tendance « islamiste radicale », celle de Hassan El Tourabi, avaient multi­plié le nombre de politiciens mécon­tents, le Darfour devint une des ba­ses de repli pour ceux qui pensaient pouvoir faire pression sur le pouvoir central en jouant sur les tensions lo­cales, et en s’appuyant aussi sur des acteurs extérieurs. Les autorités cen­trales ont laissé échapper le contrôle de la situation et, aujourd’hui, nous avons au Darfour de nombreux grou­pes plus ou moins politiques de deux côtés, dont les allégeances sont trou­bles et changeantes, et qui semblent quasiment tous avoir en leur sein des personnes responsables d’actes cri­minels. Khartoum cherche désormais à ce que la crise soit gérée au niveau africain, afin d’éviter son « otanisa­tion ». Cela semble aussi le souci de la Chine. Mais il est bien tard !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Vous participez activement à la rédaction de la Lettre de &lt;i&gt;Bastille-République-Nations (BRN)&lt;/i&gt;. Pour­riez-vous nous présenter cette très combative publication ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Cette publication est née au moment où, en dépit des doutes assez répan­dus soit sur la forme soit sur le fond, au sein des composantes populaires de la société française on ne trouvait dans les « grands » médias que peu d’informations critiques sur le thème de l’Europe officiellement prônée par les pouvoirs. La société française éprouvait une méfiance grandissante devant une intégration européenne qui, dans les faits, approfondissait les effets de la mondialisation capitaliste et isolait les peuples européens des courants de coopérations avec les autres sociétés, en particulier celles d’Afrique, de Méditerranée ou d’Eura­sie. Depuis, le journal a développé toute une série d’analyses et d’initia­tives (conférences, rencontres inter­nationales, etc.) qui visent à ce que l’opinion sorte des fausses alternati­ves du genre « Europe/isolement » « modernité bruxelloise/archaïsme national ». On peut certes percevoir la question européenne de différentes façons selon les milieux, les sensi­bilités ou les pays. BRN ne se veut pas monolithique. Il s’agit avant tout d’apporter une réflexion critique et décomplexée sur la nation, comme cadre de progrès national, et interna­tional. Au mondialisme, brut ou alter-, mais sans racines dans les peuples existant, il faut de nouveau opposer l’inter-nationalisme, qui n’est désuet que pour ceux qui rêvent d’une nou­velle Europe de la Sainte-Alliance relookée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa0&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Partout dans le monde, les peu­ples entrent en rébellion contre l’impérialisme et la mondialisa­tion. Quelles formes devraient prendre cette « nouvelle résis­tance » et une véritable alterna­tive au système capitaliste ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Certaines expériences internationa­listes du passé doivent être reprises et réinterprétées. Aujourd’hui cepen­dant, la tâche primordiale semble d’être en état d’associer de façon du­rable des mouvances d’origines philo­sophiques, idéologiques, religieuses, sociales, nationales, différentes, dès lors qu’elles possèdent un socle com­mun qui devrait se bâtir autour de principes clairs : anti-impérialisme, anti-ethnicisme, universalisme, in­ternationalisme, patriotisme, antica­pitalisme, solidarité sociale, mutua­lisation, socialisation, liberté-égalité-fraternité. Cela passe sans doute par le développement de solidarités et de coopérations entre des organisations politiques, des organisations sociales et syndicales, des centres de recher­ches, des revues, des écoles de pen­sées, des institutions, des États, etc., qui, d’une façon ou d’une autre, ont le courage de se montrer rebelles à l’égard de l’ordre dominant, un ordre/désordre fondamentalement injuste pour les peuples et les couches popu­laires, mais aussi un mouroir pour la culture et pour les cultures.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;La tâche première de ce rassemble­ment semble de devoir se concentrer sur la réélaboration d’un vocabulaire alternatif par rapport à la bouillie ver­bale dominante, et sur la construction d’une nouvelle hégémonie culturelle, pour reprendre l’idée de Gramsci, qui ne pourra pas être monolithique, mais bâtie sur une mutualisation des idées. Peut-être que cela peut com­mencer par un Congrès mondial des intellectuels, penseurs, sages et créa­teurs pour la défense de la culture et de la paix. Dans le Monde arabe, nous avons assisté dans la foulée de la pre­mière guerre du Golfe à la création du Congrès national arabe, élargi depuis par la création en parallèle d’un Con­grès arabo-islamique. Ils regroupent des intellectuels, des autorités mora­les, des personnalités politiques, des « sages », des savants religieux de toutes obédiences. Il a par exemple pris résolument parti contre l’inva­sion et l’occupation de l’Irak, et pour la résistance. Et les États arabes ne peuvent pas l’ignorer. En Amérique latine, nous assistons encore plus massivement à la formation de con­vergences radicales. Mais qui le sait en dehors des principaux concernés ? Une agence de presse internatio­nale alternative semble donc aussi à terme nécessaire pour faire circuler cette information, et communiquer adresses et « liens », là où nous nous perdons parfois. Et permettre aussi, dans le foisonnement de groupes et groupuscules, de savoir qui est qui, pour en finir avec les « ONG » d’ap­parence alternative, mais dont les administrateurs sont liés aux centres politiques ou financiers dominants, et qui n’ont d’autre mission que de s’in­gérer au profit des puissants dans les affaires intérieures des peuples, voire d’accompagner les interventions mi­litaires extérieures en pénétrant et divisant les « sociétés civiles ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa1&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A8&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;L’essoufflement des forums sociaux mondiaux et de « l’altermondia­lisme » verbal, là où l’on se contente souvent de parler et de payer des frais de participations de plus en plus élevés, a finalement laissé un vide pour ceux qui veulent à la fois penser et agir, élaborer des stratégies alternatives en relations avec leurs peuples.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa2&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;A1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;BRN - 8, rue du Faubourg Poissonnière 75010 Paris&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa2&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;A1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;ou par mail&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Pa2&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;A1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;amisbrn@yahoo.fr&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Collages à Valence</title>
<link>http://rebellion.hautetfort.com/archive/2009/10/28/collages-a-valence.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rébellion)</author>
<category>Militants - Cercles Rébellion</category>
<pubDate>Wed, 28 Oct 2009 22:18:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;Collages d'affiches de &lt;em&gt;Rébellion&lt;/em&gt;&amp;nbsp;par de jeunes militants révolutionnaires&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://community.livejournal.com/fr_nbp/&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://rebellion.hautetfort.com/media/01/01/1024251278.JPG&quot; alt=&quot;PICT0777.JPG&quot; id=&quot;media-2069216&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://rebellion.hautetfort.com/media/02/01/2121972555.JPG&quot; alt=&quot;PICT0780.JPG&quot; id=&quot;media-2069218&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://rebellion.hautetfort.com/media/02/02/79357995.JPG&quot; alt=&quot;PICT0782.JPG&quot; id=&quot;media-2069220&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://rebellion.hautetfort.com/media/02/01/970637723.JPG&quot; alt=&quot;PICT0783.JPG&quot; id=&quot;media-2069222&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://rebellion.hautetfort.com/media/01/02/139097279.jpg&quot; alt=&quot;JR01.jpg&quot; id=&quot;media-2069223&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
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