13.05.2008

Sur la situation libanaise : Entretien avec Georges Corm


Économiste, ancien ministre des Finances libanais, historien et auteur de nombreux ouvrages (1), Georges Corm analysait pour Rébellion  la  situation  du Liban dans le numéro 27 du journal ( Novembre-Décembre 2007 - toujours disponible) . 
 

R/ Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

 Je suis libanais et j’appartiens donc à une société plurielle qui a reçu des influences culturelles très nombreuses au cours de son histoire, en particulier au cours des deux derniers siècles. Cette société a été durant cinq siècles sous domination de l’Empire Ottoman, mais la France et les puissances européennes en ont fait un champ d’expérimentation de leurs politiques coloniales en Orient au cours du XIXè et XXè siècles. Les Libanais ont donc enduré toutes les formes de violences idéologiques et verbales que ces deux siècles ont produit. Cela m’a amené à une réflexion, développée dans divers ouvrages, sur le pluralisme et le nationalisme dans le cadre des rapports mouvementés et conflictuels de l’Europe et de l’Orient.

 

R/ Existe-t-il une véritable unité nationale libanaise ? Sur quoi est-elle fondée ? Que reste-t- il des souvenirs de la terrible guerre civile des années 80 ?

L’unité nationale est un grand mythe de la modernité européenne. Il y a dans le réel vécu des peuples du sentiment national, du patriotisme, de l’appartenance à un terroir rural ou à une société urbaine complexe ; il n’y a pas d’unité nationale préexistante. Je ne sais d’ailleurs pas ce qu’est l’unité nationale, à moins que l’on parle de l’hégémonie politique forte d’un groupe culturel sur la vie de la société qui transforme ses membres en robots homogènes dans leurs comportements et leurs idées ou d’une agression externe qui cimente l’unité des diverses composantes d’une société.

Il n’y a pas de nation libanaise au sens classique et moderne du terme, mais il y a une société libanaise plurielle et complexe. La modernité sur le mode colonial qui s’est emparée du Liban à partir du début du XIXè siècle a transformé les communautés religieuses en appareils politiques redoutables, ce qu’elles n’étaient pas auparavant. Le système politique local qui était en vigueur du temps de la domination ottomane était, pour ce qui est des zones montagneuses du pays, celui d’un pouvoir fiscal attribué par l’Empire aux familles de notables ruraux qui ramassaient le tribut dû à Istanbul. Le système était totalement transcommunautaire et des paysans de toutes les communautés étaient soumis aux seigneurs dominants dans leurs localités et dont la confession religieuse était sans importance. Dans les grandes villes côtières, le système d’autonomie des communautés chrétiennes dans leurs affaires de statut personnel et d’institutions sociales était en vigueur, comme il l’était dans toutes provinces de l’Empire. Les querelles communautaires commencent avec l’arrivée des Anglais et des Français en Orient principalement, mais aussi des Russes et des Autrichiens, qui font entrer les communautés religieuses dans l’orbite de leur influence politique et culturelle, s’en servent pour étendre leur présence ; ce sont elles qui poussent à leur faire reconnaître des droits politiques qu’elles n’avaient pas eu jusque là.

 

R/ En Août 2006, l’armée israélienne envahissait le Liban. Au bout de plusieurs semaines de combat, elle devait se retirer face à la résistance du Hezbollah. Elle laisse derrière elle un champ de ruines et un pays ravagé. Quelles furent les raisons réelles de cette agression ? Quel est le sort réservé au Liban dans le plan de remodelage du Proche Orient promu par les néo-conservateurs américains et leurs alliés israéliens ?

Les Libanais ont réagi cette fois avec une grande unité nationale durant l’agression, la discorde s’étant surtout manifesté après. Comme à l’accoutumer, ils ont immédiatement repris leur vie quotidienne active avec courage pour surmonter ce nouveau choc. Les réfugiés sont revenus immédiatement dans leurs villages détruits.

Le Liban est le souffre douleur d’Israël, au même titre que les Palestiniens. Les agressions israéliennes et occupations de territoire et représailles massives et sanglantes ont commencé en 1968. Le pluralisme libanais, les modèles de convivialité communautaires entre chrétiens et musulmans contrarient son modèle d’un Etat bâti sur l’exclusivisme communautaire et non point la concorde, l’entente, la discussion, le débat.

 

Israël a déjà tenté de pulvériser le Liban lors de son invasion et occupation de 1982 à 1985. Cet Etat rêve d’une désintégration du Moyen-Orient sur des bases ethniques et religieuses qui donnerait enfin une légitimité existentielle à son modèle d’exclusivisme communautaire. Je pense que les néo-conservateurs américains partagent tout à fait ce point de vue.

 

R/ Le Hezbollah paraît avoir été le grand vainqueur du conflit. Quelle est la nature réelle de cette organisation ? Son orientation politique ? Son projet pour le Liban ?

 

Militairement, le Hezbollah est le grand vainqueur, mais politiquement il est en butte à un encerclement qui prend la forme d’une tenaille entre les forces internes libanaises qui lui sont hostiles et les puissances occidentales à l’extérieur qui se prévalent des résolutions de l’ONU pour réclamer son désarmement, sans parler des pays arabes qui lui sont hostiles, comme l’Egypte, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Il y a une opération d’isolement du parti et une coalition impressionnante qui semble décidée à la confrontation, si la question de l’armement du parti ne trouve pas de solution. Il serait trop long de décrire l’évolution du Hezbollah qui a été créé en 1982 dans le sillage de la seconde invasion israélienne du Liban. Très soumis à l’influence iranienne dans les années quatre vingt, le parti s’est « libanisé » en s’intégrant au jeu parlementaire local dans les années quatre vingt dix, sans toutefois s’y impliquer pleinement tant que la résistance à l’occupation israélienne au sud du pays, qui a perduré jusqu’en 2000, était sa préoccupation principale. Aujourd’hui, comme on le voit, il est au centre de la politique interne libanaise et des pressions internationales qui s’exercent sur le Liban. Il peut être considéré comme l’équivalent des grands partis communistes européens à la sortie de la Seconde Guerre mondiale qui étaient auréolés de leur très grande résistance à l’occupant allemand, mais avaient une source d’inspiration idéologique hors de leur pays. Mais au Liban, ils ne sont pas les seuls à avoir des sources d’inspiration et des soutiens externes. L’Arabie saoudite, les Etats-Unis, la France sont très présents à travers leurs liens avec d’autres communautés et les partis politiques qui en sont issus.

 

R/ Les chrétiens sont aujourd’hui divisés entre les partisans du général Aoun et ceux d’Amine Gemayel. Le clivage est-il profond au sein de cette communauté ?

 

Oui, le clivage est très profond et il est très vieux. Depuis des siècles, notamment depuis les Croisades, les Chrétiens du Liban sont divisés entre deux attitudes par rapport à l’Occident: ceux qui par affinité religieuse entendent participer à ses projets politiques en Orient et ceux qui, au contraires, considèrent qu’il faut les combattre et rester solidaires de la majorité de la population de la région qui résiste à toute domination ou projet de domination de la part de l’Occident. Mais avec le Général Aoun, c’est la première fois qu’une personnalité chrétienne prend un profil aussi haut et réussit à polariser autour d’elle, dans cette attitude courageuse et juste, une grande partie de l’opinion chrétienne. Il a eu beaucoup de courage et c’est grâce à lui, largement, que s’est réalisée l’unité nationale lors de l’agression israélienne de juillet 2006.

 

R/ Le gouvernement pro-occidental de M. Foaud Siniora fait face à une opposition dominée par le Hezbollah  et le parti du général Aoun. Certains observent que la grille de lecture confessionnelle ne suffit plus à expliquer les différences au sein de la société libanaise. On remarque de fortes inégalités sociales entre une bourgeoisie occidentalisée et les classes populaires. Comment est vécue cette situation par les libanais ? Se reflète-t-elle dans l’actuelle situation politique ?

 

La grille de lecture confessionnelle n’a jamais rien expliqué au Liban, sinon pour les propagandistes et les amateurs de simplifications. Le clivage profond de l’opinion libanaise, aujourd’hui, est tout à fait transcommunautaire. Cependant, certains observateurs engagés et peu objectifs veulent en faire un clivage entre sunnites et chiites, car la propagande occidentale et celles des régimes arabes soumis à l’Occident est de faire croire que le Hezbollah est une incarnation d’un danger chiite au Moyen-Orient dont l’Iran (qui n’est pas un pays arabe, mais qui est à dominante chiite) et la Syrie (qui est un pays arabe) seraient la source. Il y aurait, selon eux, un danger de subversion contre l’ordre établi et la présence occidentale et israélienne dans la région. Or le danger contre l’ordre établi se trouve dans la profonde injustice et les souffrances que supportent les populations de cette région du monde depuis des décades.

 

R/ Depuis cinquante ans, les ingérences étrangères sont constantes dans la vie politique libanaise, pour le plus grand mal du Pays des Cèdres.  Quelle est actuellement le rôle de la France et des Etats-Unis d’un côté, et de la Syrie et de l’Iran de l’autre, dans la crise de gouvernement que traverse le Liban ?

 

J’ai souvent décrit le Liban comme un Etat tampon, expression qui désigne des entités qui accèdent à l’ordre international pour servir d’instrument aux mains de puissances régionales et internationales. Cela évidemment ne veut pas dire que le Liban ne mérite pas d’accéder au statut d’Etat indépendant, mais que les conditions de sa naissance ont été profondément marquées par les rivalités coloniales en Orient et par le heurt des puissances européennes avec l’Empire ottoman dont il était partie. Par la suite malheureusement, après l’indépendance en 1943 par rapport à la France qui avait été nommée puissance mandataire à la fin de la Première Guerre mondiale, la classe politique libanaise n’a pas su dépasser les conditions qui font du Liban un Etat tampon.

 

Ceci peut s’expliquer par plusieurs raisons, mais notamment par le fait que la région est restée soumise à des tensions fortes, notamment durant la Guerre froide du fait de la rivalité américano-soviétique, puis aujourd’hui avec la politique agressive américaine qui suscite un front d’opposition. Je considère sur ce plan que les Etats-Unis et la France ont eu un rôle très négatif au cours des dernières années en utilisant à nouveau le pays comme plateforme pour déstabiliser le régime syrien, après avoir permis durant trois décades que le pays soit livré à un condominium syro-saoudien en récompense de l’attitude syrienne qui avait accepté de participer à la guerre de libération du Koweit que l’Irak avait envahi en août 1990. Aujourd’hui, la politique américano-française est de tenter d’obtenir que le régime syrien s’aligne sur sa politique régionale et se coupe de son allié iranien. Je ne pense pas que ce régime le fera, à moins qu’il y voit une possibilité de récupérer le Golan qu’occupe l’Etat d’Israël depuis 1967 et qu’il a officiellement annexé en 1981. Mais cette hypothèse n’est pas non plus très réaliste, car d’un côté les Israéliens ne donnent guère l’impression qu’ils sont prêts à rendre ce territoire stratégique et riche en eaux ; de l’autre, on voit mal aussi le régime syrien brader les droits palestiniens, car cela aussi pourrait mettre en danger sa stabilité.

 

R/ On a parlé de « Révolution Orange » pour évoquer la tentative de l’opposition anti-syrienne de mobiliser la population de Beyrouth. Des ONG, du type de celles qui agissent dans les pays de l’ex-bloc soviétique, sont-elles implantées et à l’oeuvre au Liban ?

 

Le scénario au Liban a été exactement le même qu’en Ukraine, avec le même théâtre médiatique et la même manie des médias occidentaux et de beaucoup de médias arabes de diaboliser une partie de la population. Au Liban, comme en Ukraine, on suppose qu’il y a des démocrates pro-occidentaux « gentils » et qu’il faut soutenir et des « méchants » anti-démocratiques pro-syriens dans le premier cas, pro-russes dans le second. C’est un manichéisme de mauvais goût et des moyens de propagande grossière, indigne de pays qui se disent démocratiques. C’est aussi humilier des catégories entières de population qui sont présentées ainsi de façon négative et c’est aider une autre catégorie de la population au détriment de la première.

 

R/ Quelle est la place des réfugiés palestiniens dans la société libanaise ? Quelle est la situation politique de cette importante minorité ? Que s’est-il passé avec le Fath el Islam et le camp de Nahr el Bared ?

 

Le Liban a reçu en 1948 une nombre disproportionné de réfugiés palestiniens par rapport à sa population, à son territoire et ses ressources ; tout comme cela a été le cas avec la Jordanie. Mais cette dernière a eu en gestion la Cisjordanie jusqu’en 1967 et a toujours reçu énormément d’aide internationale, pour faire face au poids des réfugiés, ce qui n’a pas été le cas du Liban. L’afflux de réfugiés a augmenté entre 1968 et 1982, après l’occupation de la Cisjordanie par Israël en 1967, puis les évènements de septembre noir (1969) en Jordanie, lorsque l’armée de ce pays a supprimé par la force les mouvements armés palestiniens. La déstabilisation du Liban à partir de 1975 et l’implication des mouvements armés palestiniens a aggravé la condition des réfugiés. En 1982, avec l’invasion d’Israël dont l’armée arrive jusqu’à Beyrouth, ce sera la sortie des combattants palestiniens et de leurs familles, mais aussi les massacres de Sabra et de Chatila, qui vont rendre la condition palestinienne encore plus misérable au Liban.

 

La question est d’autant plus compliquée que les pays occidentaux souhaitent que le Liban implante définitivement ses Palestiniens et leur accorde la nationalité libanaise afin de rendre inutile le principe du droit au retour stipulé dans les résolutions des Nations Unies en matière de conflit israélo-palestinien. Or cette question est très délicate au Liban en raison de la complexité des équilibres entre communautés religieuses et pas seulement entre communautés chrétiennes et musulmanes, mais aussi entre sunnites et chiites, car les Palestiniens sont massivement sunnites. Sous le règne de Rafik Hariri des essais d’implantation avaient été tentés, mais les protestations avaient été trop fortes pour pouvoir continuer.

 

Les camps palestiniens posent aussi le problème de la multiplicité des organisations qui y sont présentes, dont beaucoup sont armées et qui sont hostiles les unes aux autres, ce qui traduit le clivage profond qui existe au sein même de la scène politique palestinienne à Gaza et en Cisjordanie. Nous avons vu ce qui pouvait arriver quand une organisation, d’ailleurs très peu palestinienne, le Fath el Islam qui est un mouvement radical d’inspiration ben ladeniste et qui comprend des membres de diverses nationalités arabes, s’en prend à l’armée libanaise et lui résiste durant trois mois et demi, dans le dédale de ruelles et de souterrains d’un camp.

 

Le très respecté journaliste américain, Seymour Hersh, avait annoncé dès le mois de mars 2007 que les services occidentaux et certains pays arabes favorisaient, avec la complicité du chef du gouvernement, le développement des réseaux islamistes d’obédience radicale sur le mode ben ladeniste. Ces prédictions se sont révélées tout à fait exactes. Le ministère de l’intérieur a, récemment, autorisé l’implantation au Liban d’un autre parti sunnite radical, le Parti de la libération islamique, interdit dans de nombreux pays arabes, et qui a pu ainsi tenir son congrès annuel à Beyrouth sous le thème du rétablissement du Califat ! Tous ces mouvements ultra-radicaux sont largement manipulés dans le contexte des conflits de la géopolitique régionale. Aujourd’hui, il s’agit d’implanter des milices anti-chiites sous prétexte d’éliminer le Hezbollah et toute influence iranienne dans les pays arabes qui ont des minorités chiites. Tout cela c’est jouer avec le feu, mais c’est une tendance lourde depuis l’instrumentalisation des trois monothéismes (juif, musulman et chrétien) dans la lutte contre le communisme ; aujourd’hui le jeu continue pour permettre eux Etats-Unis de prétendre avoir un ennemi redoutable qui justifie son expansion impériale et impérialiste dans le monde de l’après-Guerre froide.

 

R/ Dans un récent livre collectif auquel vous avez participé, vous indiquiez que la fin de l’URSS avait été un coup très dur porté aux états arabes indépendants du Proche-Orient. Quel rôle avait l’Union soviétique dans le monde arabe et quelles furent les répercutions de sa chute sur l’équilibre de la régions.

 

L’URSS soutenait les luttes de libération nationale. Après avoir crû qu’Israël serait un ferment de révolution en Orient (erreur majeur de Staline qui a fait une mauvaise lecture du sionisme), l’URSS s’est rendue compte du danger que lui faisait courir cet Etat au Moyen-Orient. D’où le soutien multiforme accordé aux régimes politiques arabes anti-impérialistes, soutien concrétisé par des aides économiques majeures, notamment le financement des grands barrages hydrauliques et la construction d’aciéries pour accélérer l’industrialisation, mais aussi les aides militaires. L’aventure de l’invasion de l’Afghanistan a, toutefois, décrédibilisé la politique soviétique et l’idéologie progressiste en Orient. L’idéologie de la révolution khomeiniste en Iran a su habilement reprendre le flambeau de la résistance et de l’anti-impérialisme dans un vocabulaire islamique plus familier aux masses paysannes ou aux sous-prolétariats urbains au Moyen-Orient, d’où son succès.

 

R/ Comment est perçu le processus de mondialisation capitaliste dans le monde arabe ? Existe-t-il une réflexion propre pour proposer des alternatives  à ce phénomène ?

 

C’est un bien long sujet. Il y a des classes montantes grâce à elle et des perdants. Mais il n’y a pas d’élite anti-globalisation suffisamment structurée.

 

R/ L’islamisme salafiste  travaille les masses musulmanes. Comment jugez-vous le rôle de cette idéologie messianique et archaïque dans l’évolution des sociétés arabes ?

 

Le kaléidoscope islamique est très vaste et le terme salafiste n’est pas vraiment significatif. Il y a un problème identitaire très grave qui affecte les peuples arabes et la religion sert de bricolage à une identité malmenée, introuvable, manipulée depuis la fin du nassérisme et l’effondrement de l’idée nationaliste arabe unitaire à coloration laïque (mais nullement anti-religieuse comme le prétendent certains). J’ai essayé de décrire les convulsions identitaires du monde arabe dans mon ouvrage « Le Proche-Orient éclaté » (paru dans la collection Folio/histoire de Gallimard et qui vient d’être rééditée cet été avec mise à jour). En particulier, dans les chapitres introductifs et en fin de l’ouvrage, je me penche sur ce mal être identitaire et le rôle du marqueur islamique qui aggrave encore plus la crise d’identité.

 

R/ Les anciennes forces « progressistes » arabes,  socialistes ou  nationalistes révolutionnaires, sont-elles encore présentes ?  Comment ont-elles évolué durant les quinze dernières années ? Dans le cas du Liban, le Parti communiste représente-t-il encore une force importante ?

 

Elles sont sûrement en état de siège total, étranglées physiquement et moralement par l’invasion du religieux kaléidoscopique d’un côté et par les nouveaux libéraux à la mode américaine d’un autre côté. Le parti communiste a connu plusieurs scissions, beaucoup d’anciens, au Liban comme ailleurs, sont devenus des propagandistes de la politique américaine. Nous venons de créer, en revanche, un Centre d’initiative civile, constituée de plusieurs personnalités indépendantes, pour faire avancer l’idée de la suppression du système communautaire et des modalités pour y parvenir, car le système communautaire et constitutionnel libanais est au bord de l’implosion.

 

R/ L’avenir du Liban et du Proche-Orient s’annonce-t-il sombre à vos yeux? Quelle voie garantirait  la paix dans cette région ?

 

Bien sûr, nous n’avons aucun élément positif dans les courants qui agitent cette région du monde et les  conflits de source interne et externe se sont multipliés au cours des années. L’invasion de l’Irak a été une catastrophe, la situation en Palestine occupée est inadmissible par les souffrances grandissantes de la population, le Liban est au bord de l’implosion, la plupart des pays occidentaux se taisent ou s’alignent sur la politique israélo-américaine.

 

C’est donc une longue et douloureuse marche devant nous avant que les tendances négatives lourdes puissent éventuellement être renversées, que les Israéliens fassent le même parcours que la population blanche d’Afrique du Sud, ce qui permettrait l’émergence d’un Etat où tous les habitants vivraient sur pied d’égalité ; enfin, il y a un problème iranien, gonflé par l’agressivité des Etats-Unis et amplifié par la désunion des régimes arabes et leur incapacité à sortir de l’orbite américaine.

 

Evidemment, il ne faut pas exclure les bonnes surprises qui pourraient venir d’Europe ou de l’intérieur des Etats-Unis, de même que la montée en puissance de la Chine et de la Russie. Mais tout cela reste très dangereux.

 

Note :

 

(1) Le Proche Orient éclaté, Gallimard, 2005 ; Orient-Occident, la fracture imaginaire, La Découverte, 2004 ; la Question religieuse au XXIe siècle, La Découverte, 2006.

 

 

04.05.2008

Cercle Rébellion de Bretagne

Début d'affichage du Cercle Rébellion de Bretagne...

1262697875.jpg
1664896754.jpg
1991666852.jpg

25.04.2008

Ne restez pas des spectateurs, agissez !

Chacun à son niveau peut directement contribuer à la diffusion des idées de Rébellion et à la construction des Cercles Rébellion :


- En faisant connaître le journal autour de vous. En faisant découvrir nos idées à vos camarades militants ou vos collègues de travail.


- En faisant un don pour assurer le financement de nos activités : de l’impression du journal à la diffusion massive de certains de nos documents, mais aussi pour permettre l’organisation de réunions publiques ou de conférences…


- En vous abonnant tout simplement au journal Rébellion. Mais aussi en abonnant d’autres de vos camarades ou en diffusant de manière militante des numéros.


- En diffusant le matériel militant (tracts, affiches…) que nous mettons à la disposition des personnes motivées pour s’engager sérieusement dans le combat politique.


- Mais surtout en participant à la vie de notre journal par vos idées et vos contributions (articles, dessins, infos). En organisant des « Cercles Rébellion »  locaux et des réunions militantes dans votre ville.


Sortez du monde virtuel, c’est dans la réalité que la Révolution se prépare !

23.04.2008

Créer, construire et organiser

Les Cercles Rébellion

Notre journal connaît depuis un an un réel développement. L’augmentation de notre lectorat et de notre audience révèle qu’il existe une attente pour une pensée radicalement  révolutionnaire. Il nous a paru important que cet intérêt débouche sur une expérience militante originale et concrète. Le lancement de Cercles Rébellion vise donc à doter notre journal de groupes locaux pour élargir la diffusion des idées socialistes révolutionnaires européennes. Nous voulons que ces cercles soient à l’image de notre démarche et qu’ils répondent aux enjeux de l’époque actuelle.

Un travail théorique

Le Socialisme Révolutionnaire Européen n’a jamais été une idéologie fermée ou un musée de nostalgies. Notre journal est un carrefour, un lieu de débats et d’échanges qui a pour vocation d’être un pôle de convergences pour les diverses tendances opposées au système capitaliste. Dans le même temps, notre refus de tout sectarisme ne nous a jamais empêché de mettre clairement en avant nos idées. Au cours des cinq dernières années, nous avons entrepris un important travail théorique dont témoigne l’importante somme d’articles que nous avons publiée.

Il nous semble important, au moment où nous nous lançons dans de nouvelles initiatives, d’approfondir la définition de notre projet. C’est pour cela, que dès les prochains numéros, un effort sera fait pour expliquer le plus clairement possible nos positions. Un important travail est en cours pour vous présenter dans les prochains mois une synthèse la plus complète possible de l’idée Socialiste Révolutionnaire Européenne.

En parallèle à ce vaste chantier théorique, nous avons voulu lancer la construction d’un outil politique. Les Cercles Rébellion ne se veulent pas un groupuscule de plus, mais une structure militante répondant aux nouveaux enjeux de notre époque. La crise des anciens partis centralisés et l’incapacité chronique des nouvelles formes (réseaux, coordinations, forums…) à s’ancrer dans la durée et à peser sur les événements doit nous amener à reconsidérer les moyens de l’intervention politique. Sans relais médiatiques complaisants et moyens financiers, il nous faut mener une véritable « guérilla ». Cela ne veut pas dire que nous appelons à la lutte armée ou à la création de maquis. Il s’agit de développer l’idée,  que face l’appareil colossal du système, il faut adopter la stratégie d’une résistance offensive et organisée. Un harcèlement constant et un travail de sape des fondements de la domination  qui passent par la diffusion de l’information et de la théorie révolutionnaire.

Nous ne devons pas chercher à combattre le système sur son terrain et avec son langage, mais à créer les formes adaptées à l’expression et à la diffusion de nos idées. Pour cela, les Cercles doivent devenir l’extrême opposé de l’appareil étatique. Là où règne la résignation, la soumission, l’ignorance et la hiérarchisation la plus stupide nous opposons l’engagement, la responsabilité, la formation et la recherche de l’action collective. Nous faisons nôtre, l’appel de Georges Sorel : «  En attendant les jours du réveil, les hommes avertis doivent travailler à s’éclairer, à discipliner leur esprit et à cultiver les forces les plus nobles de leur âme, sans se préoccuper de ce que la médiocrité démocratique pourra penser d’eux ».

Une Nouvelle Génération

Le premier but des Cercles est d’offrir un cadre de rencontres et d’échanges au niveau local. Sur plusieurs grandes villes nous avons des lecteurs qui ne se connaissent pas et qui restent isolés. Faire le lien entre les divers individus est primordial pour créer une réflexion et une action communes.  Les Cercles ont pour vocation d’être des pôles de regroupement permettant une « repolitisation » et une formation militante des personnes « en marge » du système. L’expérience des luttes récentes ( mobilisation contre la constitution européenne, contre le CPE et les réformes libérales du gouvernement Sarkozy) montre qu’une partie, certes minoritaire mais croissante, du peuple refuse les valeurs de la société en place. Dans le même temps, elle ne se retrouve pas dans les formes officielles de contestation (partis et syndicats réformistes, « Extrêmes »). La diffusion des thèses de certains auteurs (aussi différents qu’Alain Badiou, Slavo Zizek, Alain Soral, Serge Latouche, Alain De Benoist, Marcel Gauchet, Jean Claude Michéa…) et le regain d’intérêt pour l’œuvre de Karl Marx (libéré des interprétations des « marxistes » orthodoxes) montre l’émergence possible d’une pensée radicale.

Cette radicalité est à l’image d’une nouvelle génération. Elle, qui a connu la chute du Mur de Berlin et les années de triomphe absolu du libéralisme idéologique et qui a grandi dans la crise des années 90 et les bouleversements d’une société française en mutation. Une génération qui est venue à la politique par révolte contre un monde de supermarchés et d’abrutissement télévisuel, qui a compris le rôle des Médias comme chien de garde du Capital. Rejetant le jeu politique classique, elle cherche sa voie autonome. Une coupure a eu lieu avec la culture du Mouvement Ouvrier et avec les tentatives révolutionnaires des années 60-70. Elle n’a donc ni formation politique ni expériences militante.

Particulièrement sensible dans le monde étudiant et chez les « trentenaires » cette révolte est diffuse. Nous ne voulons pas nous lancer dans une récupération de plus de cette tendance, de laquelle nous faisons partie à notre façon. Nous voulons contribuer à sa radicalisation en lui donnant une impulsion socialiste patriotique au sens d’antimondialiste. En apportant notre contribution, avec nos modestes moyens, à l’émergence d’une nouvelle force révolutionnaire nous suivons une direction précise.

On ne construit rien de durable sur du sable.

Permettre à nos lecteurs de se regrouper, de discuter et d’agir implique une organisation politique. Le travail théorique que nous entreprenons actuellement vise à donner une cohérence à cette démarche militante. Nous voulons montrer qu’une ligne claire n’est pas un frein au développement d’une structure politique. Bien au contraire. A la différence des partis officiels, nous affichons fièrement nos idées, sans chercher à les masquer. Nous considérons d’ailleurs comme primordial de faire de nos pratiques politiques le reflet de la nouvelle société que nous voulons bâtir. Faire le lien entre théorie et pratique est l’un des principes de base que nous voulons mettre au cœur des Cercles.

Pour cela, nous ne nous plaçons pas dans une logique de concurrence ou d’entrisme avec les autres structures proches. Nous ne nous considérons pas comme les uniques détenteurs d’une vérité ultime. Nous sommes prêts, sur des idées et des objectifs, à participer à des initiatives communes sans sectarisme. L’activité des Cercles s’organisera principalement autour de la diffusion du journal. Rébellion devant être à la fois un outil militant et un laboratoire d’idées. Accès sur des thèmes concrets ( lutte contre les attaques capitalistes contre les travailleurs, radicalisation des combats de la jeunesse, anti impérialisme) l’action militante des cercles devra faire le lien entre nos idées et la réalité quotidienne et locale. Par exemple, la fermeture d’une usine et sa délocalisation n’est pas un effet magique mais la conséquence de la mondialisation capitaliste. Expliquer sans relâche la logique du système pour mieux la combattre et proposer une alternative concrète (le socialisme) est le but fixé aux Cercles.

Préparer la Révolution , en se préparant à la Révolution  

Il n’est pas besoin de répéter que nous sommes un petit groupe. Nous en avons pleinement conscience, nous savons aussi que, dans certaines situations, il n’est pas besoin d’être nombreux pour être un facteur déclencheur d’un mouvement plus large : l’étincelle qui embrase tout…

Nous pensons que notre idéal bat dans de nombreux cœurs, que le rêve d’une société différente secoura le sommeil de notre époque. Refusant de devenir une avant-garde coupée du peuple, nous affirmons que la lutte d’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Que si une minorité à un rôle d’éveilleurs, c’est aux travailleurs de prendre en main leur combat et leur avenir.

Mais cela implique un engagement efficace et constant des personnes motivées et sérieuses qui souhaitent nous rejoindre. Nous n’hésiterons jamais assez sur l’aspect intérieur de la révolution que nous voulons mener. Il est important de « chasser le bourgeois de sa tête » avant de le chasser du pouvoir. Cela implique un détachement pas rapport à la mentalité contemporaine. On ne consomme pas de contestation ou on ne zappe pas les idéaux. C’est sur la durée que l’on juge un engagement, nous nous inscrivons dans le long terme avec les cercles. Ne voulant pas rester spectateurs des ravages du capitalisme, nous entendons lutter au sein du peuple pour construire une alternative socialiste révolutionnaire européenne.

 

 

14.04.2008

Rébellion 29 Mars-Avril

2000881925.jpg

P02 Editorial
Joyeux Krach !
P04 Actualités
Créer, construire, organiser les cercles Rébellion ! > Ne restez pas spectateurs, agissez !
P06 Chronique d’une grève > Retour sur les municipales : liste alternative, municipales par le bas
P08 Si les élections pouvaient vraiment changer la vie, elles seraient interdites depuis longtemps...
> Au delà des élections...Appel pour une alternative véritablement populaire
P09 Rencontre dissidente
Entretien avec Pierre HILLARD
P12 Mondialisme
Pourquoi veulent-ils tuer
le Français ?
P14 International
Autopsie d’un crime :
La reconnaissance  du Kosovo
P17 Chronique Chinoise
P20 Contre culture
Entretien avec Marc LAUDELOUT
du bulletin Célinien > Céline Vivant

Joyeux krach !

Les soubresauts des bourses mondiales et les scandales financiers révèlent l’état de crise des structures économiques. Quand quelques « traders »,  aux valeurs morales plus que douteuses, peuvent manier des milliards sans aucun contrôle et les perdre en quelques minutes, nous sommes devant les conséquences de la financiarisation totale du capitalisme. Face à la baisse tendancielle du taux de profit, l’accroissement rapide du capital financier semble être la solution refuge pour des secteurs entiers de la bourgeoisie, véritables parasites entés sur le corps social. Mais derrière  ces chiffres devenus irréels, il y a des vies qui sont mises en jeu. Personne ne parle des travailleurs qui sont réduits au chômage par les délocalisations, des intérimaires exploités, des jeunes qui ne trouvent pas de travail assez stable pour fonder un foyer. Nous pouvons souhaiter un « joyeux krach » aux apprentis sorciers de la finance  croyant encore à la bienveillance de la « Mains Invisible » d’Adam Smith pour réguler les marchés (comme la patronne du MEDEF, Laurence Parisot). Les mêmes attaquent le Socialisme comme étant une lubie dépassée appartenant au 19° siècle…

Dans le registre des naïvetés feintes, les médias découvrent la réalité de la hausse des prix des produits de consommation et des loyers. Il était temps, les classes populaires en étaient persuadées depuis des années. Elles sont frappées de plein fouet pas les augmentations de prix continues et sont obligées de se serrer la ceinture. Les gesticulations de l’agité de l’Elysée ne font qu’occuper les devants de la scène. Pendant ce temps, le gouvernement ne cherche pas à  trouver des solutions simples et rapides  (comme par exemple, s’attaquer aux monopoles de la grande distribution). Le pays semble à la dérive, tout ce qui était encore solide est parti en fumée ou démembré au nom de la logique libérale.
La même logique a conduit à la ratification du Traité de Lisbonne qui parachève la perte de la souveraineté française. Contrairement à ce que l’on  essaie de nous faire croire, ce traité n’est ni un mini traité, ni un traité simplifié. Il reprend pour l’essentiel, le contenu du Traité constitutionnel européen (TCE) qui a été rejeté par les Français et les Néerlandais en 2005. Malgré une mobilisation d’opposants de tous bords (un millier de manifestants) devant les grilles du palais de Versailles, la ratification fut acceptée par la majorité des députés UMPS. La Gauche se rallia sans surprise à cette forfaiture du gouvernement Sarkozy démontrant par là, une énième fois, son intime solidarité avec les finalités du capitalisme 
Funeste présage, quelques semaines après, la déclaration d’indépendance du Kosovo offrait l’image de l’avenir possible de notre pays et de l’Europe. Utilisant les haines nationalistes, les Etats-Unis et les dirigeants européens donnaient naissance à un état maffieux au cœur des Balkans. Un foyer d’embrasement des futurs conflits qui déchireront l’Europe. Ici aussi, le gouvernement français montrait son empressement à reconnaître l’existence de l’Etat croupion et son allégeance avilissante aux projets de Washington concernant la région balkanique.  Sarkozy, pour autant, n’en était guère remercié par les Etats-Unis qui, conscients de leurs intérêts, lui jouaient un mauvais tour en Amérique latine où la libération d’Ingrid Betancourt était sabotée par l’assassinat du numéro deux des FARC grâce aux renseignements fournis par la CIA à l’armée colombienne. Il est plus important pour l’impérialisme US de déstabiliser le révolutionnaire Hugo Chavez, que de flatter l’ego du roitelet de l’hexagone. Seul point positif dans la situation géopolitique internationale : la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo vient d’être suivie de la déclaration faite par le Kremlin, de l’absence de restriction des relations commerciales avec l’Abkhazie et l’Ossétie du sud, ce qui ne peut rendre que plus forts ces pays face au pion otanesque qu’est la Géorgie. Notons au passage, l’échec de la tentative de déstabilisation de la Russie lors des élections présidentielles où le peuple n’a pas cédé aux sirènes des formations libérales payées par les capitalistes occidentaux. Même si on peut penser que des irrégularités ont été commises lors du scrutin, force est de constater que le parti de Poutine est largement soutenu par la population. Nous pouvons le créditer de l’échec de la tentative initiée par Washington du démembrement de la Fédération de Russie, ce dont nous nous félicitons. Au delà, cette réussite ne doit pas constituer un blanc seing pour le Kremlin ; les travailleurs russes doivent reprendre le chemin de la lutte sociale de façon autonome. Le relatif maintien du Parti Communiste avec près de 18% pour Ziouganov (qui a signalé les irrégularités électorales dont il a été victime) est un signe important.
Pour en finir avec la dimension internationale, le gouvernement français aura été remercié malgré tout de sa docilité envers le rouleau compresseur mondialiste, par le gouvernement israélien, suite à l’expression de sa compassion à l’égard des victimes d’un attentat faisant huit morts en Israël alors que sa sensibilité n’avait guère été affectée par le calvaire enduré par les palestiniens de la bande de Gaza, subissant l’attaque de l’armée sioniste.  
Si nous commencions notre éditorial par l’évocation de ce que le système laisse apparaître de sa décomposition sur le plan financier, il ne faut pas oublier que cette apparence n’est que la manifestation de son essence. Les soubresauts financiers ne font que répercuter la nature contradictoire du mode de production capitaliste dont le nécessaire processus de  valorisation plonge la majeure partie de l’humanité dans les affres de la lutte pour la simple survie économique, ce qui constitue l’aliénation fondamentale. Devant cette avalanche de mauvais coups contre les travailleurs, il est désormais primordial de réagir. Il est important de s’accrocher à des lignes de résistance précises : la défense du socialisme et d’un patriotisme positif (Pour reprendre une citation de Michel Clouscard : « L'État a été l'instance superstructurale de la répression capitaliste. C'est pourquoi Marx le dénonce. Mais aujourd'hui, avec la mondialisation, le renversement est total. Alors que l'État-nation a pu être le moyen d'oppression d'une classe par une autre, il devient le moyen de résister à la mondialisation. C'est un jeu dialectique. ». Ajoutons, pour notre part, que la condition sine qua non pour que l’Etat puisse jouer ce rôle d’outil de résistance, est qu’il soit essentiellement contrôlé par des acteurs politiques dont les finalités soient explicitement orientées vers une lutte antimondialiste dont on perçoit de nos jours également la dimension géopolitique, de laquelle il faut avoir une vision affûtée. Seul, le poids d’une relative hégémonie de travailleurs conscients et dynamiques au sein de la Nation, garantirait l’efficacité de l’Etat. La haute politique reste un rapport de forces, notamment entre classes sociales.
 Pour cela, nous posons dans ce numéro des jalons, à fin de construction d’une alternative véritable au système. Nous en sommes encore à une étape de fédération et de structuration, le lancement des Cercles Rébellion en est l’expression concrète. Lénine définissait le rôle important des Cercles de diffusion dans ses écrits : « A elle seule, la fonction de diffusion du journal commencerait à créer une liaison effective (…).  Les relations de ville à ville pour les besoins de la cause révolutionnaire sont aujourd'hui une grande rareté, et en tout cas une exception; elles deviendraient alors la règle et assureraient bien entendu, non seulement la diffusion du journal, mais aussi (ce qui est beaucoup plus important) l'échange d'expérience, de documentation, de forces et de ressources.
Le travail d'organisation prendrait une ampleur beaucoup plus considérable, et le succès obtenu dans une localité encouragerait constamment à perfectionner le travail, inciterait à profiter de l'expérience déjà acquise par les camarades militant sur un autre point du pays ».  Que faire?

La faillite du système est totale, avant qu’il ne nous entraîne plus loin dans sa folie destructrice nous avons la possibilité d’endiguer la démence du capitalisme. Ne la ratons pas…