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09/08/2015

HP Lovecraft, rêveries contre le monde moderne.

Article paru dans le numéro 65 de la revue Rébellion 

 

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« Ce qui est, à mon sens, pure miséricorde en ce monde, c’est l’incapacité de l’esprit humain à mettre en corrélation ce qu’il renferme. Nous vivons sur une île de placide ignorance, au sein des noirs océans de l’infini, et nous n’avons pas été destinés à de longs voyages. Les sciences, dont chacune tend dans une direction particulière, ne nous ont pas fait trop de mal jusqu’à présent ; mais un jour viendra où la synthèse de ces connaissances dissociées nous ouvrira des perspectives terrifiantes sur la réalité et la place effroyable que nous y occupons : alors cette révélation nous rendra fous, à moins que nous ne fuyions dans cette clarté funeste pour nous réfugier dans la paix et la sécurité d’un nouvel âge des ténèbres. »

Cette citation quasi prophétique tirée de « L’Appel de Cthulhu » est un avertissement. Un avertissement d’actualité à un moment de l’Histoire où l’humanité fait face à une fuite en avant techniciste qui tend à repousser ses propres limites : recherches sur le génome humain, clonage, organismes génétiquement modifiés ou doctrines transhumantes (théorie de la confusion des genres) sont autant de menaces qui contrairement au « panthéon occulte » créé par l’auteur, sont belles et bien réelles.

Panthéon occulte

Ce « Panthéon occulte » est l’un des piliers majeurs, si ce n’est le pilier majeur de l’oeuvre de Lovecraft. Reflet d’une civilisation a priori archaïque demeurant au-delà du temps, Il est une boîte de Pandore qui une fois ouverte engendrera des conséquences le plus souvent funestes. Nyarlathotep, Yog-Sothoth, Azathoth, Dagon et Cthulhu, autant d’entités, de Dieux vénérés par des cultes remontant à des temps immémoriaux ayant su demeurer dans le secret. Une constante des oeuvres de l’auteur est la rupture de ce secret, le héros principal et/ou les protagonistes de l’histoire vont entrevoir ou être témoins d’évènements bizarres, à la limite du surnaturel qui vont bien entendu éveiller leur curiosité. Et c’est bel et bien cette faculté qui va causer la perte du héros principal, voire de l’humanité toute entière : « Il y a des horreurs, aux frontières de la vie, que nous ne soupçonnons pas, et de temps à autre, la funeste curiosité d’un homme les met à portée de nous nuit ». La curiosité va donc être l’un des facteurs déterminant de l’histoire car elle va faire basculer un destin dans l’horreur comme pour Françis Weyland Thurston, héros principal de « L’Appel du Cthulhu » et anthropologue, qui va reprendre l’enquête effectuée par son grand-oncle décédé, après avoir découvert un bas-relief représentant une créature hideuse accompagnée de hiéroglyphes inconnus.

Lovecraft est célèbre pour avoir su créer un univers qui lui est propre : les créatures et les Dieux mentionnés plus haut sont les exemples les plus représentatifs. Mais citons également des lieux importants, comme la répugnante Innsmouth, une ville qui cache un terrible secret ou bien encore Arkham et son université la Miskatonic University. On retrouve également, et ce dans l’oeuvre globale de l’auteur, un corpus de livres maudits. « Le Cultes des Goules », « Pnakotiques », « L’Unaussprechtlichen Kulten » ou le fameux « Necronomicon », des livres avec une histoire qui est propre à chacun d’entre eux, et parfois des détails fournis quant à leurs auteurs. Si bien que nombre de débats eurent lieu quant à l’existence de ces livres ! C’est notamment le cas pour le « Necronomicon », un livre emblématique de ce que certains nomment le « mythe de Cthulhu » et qui est très souvent mentionné dans les nouvelles de Lovecraft mais également au-delà (on le retrouve par exemple dans le film « Evil Dead »). Les nouvelles de Lovecraft obéissent donc à un schéma bien particulier qui demeure le plus souvent inchangé, le tout ancré dans un véritable paradigme qui plonge le lecteur dans cet univers qui a rendu son auteur célèbre. Le fond comme la forme sont indissociables et unis dans l’horreur grâce d’une part à l’univers développé ainsi qu’au cheminement de l’histoire, véritable descente en enfer qui se solde presque toujours par la folie ou la mort…

Une humanité dépassée

L’image de Lovecraft est en général celle d’un homme replié sur lui-même. Certes c’est un auteur tourmenté mais néanmoins, quand on s’y penche d’un peu plus près, on se rend compte que l’homme en question est bien plus ouvert au monde qu’il n’y paraît. On sait maintenant que Lovecraft était intéressé par les sciences et notamment l’astronomie. Cet aspect de sa personnalité est présent à travers toute son oeuvre, cependant il est bien plus que ça. En effet, son oeuvre reflète la réalité d’une époque, à savoir un dualisme d’une part entre la Science, qui monte en puissance grâce à de nombreuses avancées (découverte du quantum d’énergie par Max Planck en 1900, théorie de la relativité d’Albert Einstein en 1905, ou encore la découverte de galaxie en dehors de la nôtre par Edwin Hubble en 1924), et de l’autre un pôle conservateur à forte influence religieuse.

Dans ses histoires, il n’est pas rare que les protagonistes adoptent une démarche scientifique pour élucider les mystères auxquels ils ont confrontés même si elle ne permet pas toujours de comprendre le pourquoi du comment (comme dans « Les couleurs tombées du ciel). Au-delà des considérations sociétales de ce dualisme, la Science a un autre impact dans l’oeuvre de H.P Lovecraft, non pas en tant que sujet direct mais plutôt comme le point de départ d’une idée capitale dans l’esprit de l’auteur : l’Homme, au des avancées techniques et scientifiques, notamment dans le domaine de l’astronomie et l’univers, n’est rien. Ainsi H.P Lovecraft balaye d’un revers de main l’ethnocentrisme absolutiste hérité en grande partie de la philosophie des Lumières, non pas pour imposer un dieu connu des hommes (excepté quelques initiés) ou un dieu bienfaiteur, mais ce « panthéon occulte » qui paraît être une menace pour l’Humanité.

Nous autres humains que sommes-nous face à des créatures, des dieux qui existent par-delà l’abîme du temps ? Malgré les progrès techniques et scientifiques il semblerait, à en croire Lovecraft, que la réponse est : « rien ». Ce pessimisme quant à notre avenir, l’auteur le doit peut-être à l’influence d’un des pontes de la Révolution Conservatrice Allemande, à savoir Oswald Spengler.

Comme en témoigne une correspondance avec Clark Ashton Smith datant de 1927 : « C’est ma conviction et se l’était déjà bien avant que Spengler appose le sceau de la preuve académique sur ce point, que notre ère mécanique et industrielle est une ère tout à fait décadente ». La décadence selon Lovecraft s’applique également à l’individu via le prisme de la dégénérescence raciale et ethnique. L’auteur est en effet connu pour son racisme et son antisémitisme et il est indéniable que cet aspect suinte littéralement à travers son oeuvre : « Tous les prisonniers avaient démontré leur appartenance à une espèce bâtarde, vile, et mentalement aberrante. Ils étaient pour la plupart marin, une aspersion de nègres et de mulâtres en provenance des Caraïbes ou du Cap-Vert qui offrait une teinte vaudou au culte. Cependant, avant que bien des questions ne soient posées, il devient apparent qu’il y avait quelque chose de plus profond et plus vieux que du fétichisme nègre. Aussi avilie et ignorantes qu’elles étaient, ces créatures s’accrochaient avec une ténacité surprenante à l’idée centrale de leur foi répugnante » (L’Appel de Cthulhu »). De nos jours, une telle description même dans un contexte purement fictif, vaudrait à l’auteur une visite à la 17ème chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris ! Ce dégoût du métissage va plus loin par moment en allant de pair avec un atavisme surnaturel et effrayant comme dans « Le cauchemar d’Innsmouth » ou « La peur qui rôde ».

Enfin, l’un des aspects les plus intéressants de Lovecraft réside dans un affrontement global entre le monde civilisé moderne adepte des méthodes scientifiques et rationalistes, et un ennemi faussement archaïque. Point d’armes avancées tels des pistolets lasers pour annihiler l’espèce humaine (ce qui d’emblée ne caractérise pas l’oeuvre de l’auteur dans le domaine de la science-fiction), l’existence même de ces créatures, le fait qu’elles n’ont rien de connu pour l’Homme ainsi que leur déconcertante puissance (magique ? scientifique ?) sont suffisantes pour avoir le dessus sur une humanité dépassée…

L’horreur qui sommeille au-delà

 

Au vu des diverses caractéristiques fondamentales de l’oeuvre de Lovecraft, on peut se poser la question de savoir si ce dernier n’est, en fin de compte, qu’un réactionnaire typique de son temps. Le rejet des principes de la philosophie des Lumières, son aversion du métissage et sa position ambigüe envers la modernité laisseraient à penser que oui. Cependant, il faut prendre en compte le pessimisme, la misanthropie et la vie de l’auteur, déclassé social dans une Amérique en pleine mutation. Son rapport à la science reste l’une des clefs de compréhension de son oeuvre, une véritable relation amour/haine, une tension capitale qui fait office de clef de voûte. Quel regard aurait-il au sein de l’Amérique d’aujourd’hui, QG de la finance hors sol et société fracturée entre le pire du libéral libertaire (cf. Miley Cyrus) et la bigoterie fanatique de certains ? Tout comme dieu fut tué par l’homme, selon le célèbre philosophe au marteau, H.P Lovecraft souhaiterait peut-être que l’horreur qui sommeille au-delà du temps au fin fond de R’lyeh l’engloutie, sorte de son état de dormition pour mettre un terme à cet âge de ténèbres bien trop humain…

 

Un vent de politiquement incorrect souffle sur le rap !

Une demie heure d'analyse sur le rap français avec David L'Epée pour essayer de comprendre ce qui a changé dans le rap français ces dernières années. La suite de son article dans le numéro 60 de notre revue. 

 

 

29/07/2015

Une lecture différente pour l’été ? Les anciens numéros encore disponible !

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# Rébellion 60 #

Non à la Gauche. oui au Socialisme ! par Charles Robin

Le Hezbollah "Rien n'effacera notre mémoire" .

Dossier : Musique pour lutte 

 

Un vent de politiquement 

incorrecte souffle sur le rap ! par David L'Epée.

Entretien avec Kimto Vasquez 

 

Entretien avec Barbarossa Umtrunk : Musique pour la Troisième Guerre Mondiale 

 

Petite histoire de la Dark Folk par Diaphane Polaris

 

Entretien avec Rein : la cocaïne des Seigneurs ( Black Metal) 

 

 

 

# Rébellion 61 #

 

Entretien avec David Bisson - René Guénon. Entre Tradition et Révolution.

 

International : Le Hezbollah. De la résistance à la révolution. 

 

Vive le Québec Libre ! Histoire et analyse de la lutte de libération nationale du Québec par Yves Bataille. 

 

Le militantisme au féminin : Une enquête. 

 

Femme et militantisme, l'alliance impossible ? par Anaïs Vidal. 

 

Les nuits de Mai par Louise d'Espagnac

 

Entretien avec Iseul Turan des Antigones : Ni consommatrices, ni consommées !

 

 Rencontre avec le groupe Crève Tambour

 

 

 

 # Rébellion 65 # 

Dossier Spiritualité et engagement : Seule la Tradition est révolutionnaire !

 

Enquête par Marie Chancel - Spiritualité et militantisme : un lien entre le Profane et le Sacré ?

Entretien avec Arnaud Guyot-Jeannin : Une Révolution spirituelle catholique contre le monde moderne.

Entretien avec Michel Lhomme : Christ et Révolution, la Théologie de la Libération.

Réhabiliter la raison ! par David L'Epée.

 

HP Lovecraft, rêveries contre le monde moderne.

 

# Rébellion 66 # 

Entretien avec Alain de Benoist sur le Traité Transatlantique

Dossier : Contrôle Social et Sociale Ingénierie

 

Ingénierie sociale et conflits identitaires par Lucien Cerise

 

L'effondrement contrôlé des sociétés complexes par Lucien Cerise

 

L'économie, un objet  philosophique par David l'Epée. 

 

Culture : Regard sur l'oeuvre de Lautréamont par Diaphane Polaris

 

 

 # Rébellion 67 #

L'amour , un bien de consommation comme un autre ? par Marie Chancel

En finir avec les illusions de la démocratie

L'utopie réformiste  par Pierre Lucius

Analyse du cas Besancenot par Charles Robin)

Dossier Ecologie
Une révolution silencieuse par Stéphane C.

Une brève histoire de l'écologie politique  par Marie Chancel

L'écologie politique comme phénomène révolutionnaire
par Guillaume Le Carbonel

Musique Folk : accords populaires et dissidents par Dazibao)

Le rock français, un patrimoine à redécouvrir  par GC.  

 

# Rébellion 68 #

Affaire Charlie : Je suis Rébellion 

La prison : miroir de la société capitaliste ? 

La Nouvelle Théologie Libérale par Pierre Lucius

Actualité de G. Sorel par David L'Epée 

Le Syndicalisme révolutionnaire ( 1895-1914) par Guillaume Le Carbonel 

 

Les belles heures de la CGT ( 1895-1908) par Guillaume Le Carbonel 

 

Le Cercle Proudhon : l'esprit révolutionnaire français 

Entretien avec Pierre de Brague

 

Au service de l'Eurasie : L'Union des Artistes Eurasistes par le Baron Von S. 

 

 

 # Rébellion 69 #

 

Dossier Ukraine / Russie 

 

Les nouveaux Communards du Donbass

 

Du Kosovo au Donbass, solidarité européenne.

Rencontre avec Nikola Mirkovic.

 

Vers une occupation des USA au coeur de l'Europe.

 

La loi Macron ou les fonds de tiroir de la dérégulation par Patrick Visconti

 

La nécessité de la terreur par Pierre Lucius 

 

Pour une reconstruction idéologique radicale ! par Guillaume Le Carbonnel 

 

Réflexions sur la vie en communauté et les Z.A.D. 

 

Autonomie et imaginaire ( GLC) 

 

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Commande 5€ (port compris) le numéro : 

Rébellion c/o RSE BP 62124 31020 TOULOUSE cedex 02

 

27/07/2015

Le Travail et l'Usure d'Ezra Pound

 

Le Travail et l'Usure, Ezra Pound

 

Il peut sembler étrange que le grand poète américain se soit intéressé à une discipline aride - l'économie - qui ne semble pas a priori fort poétique. C'est pourtant le cas mais comprenons qu'Ezra Pound, dans ces quelques textes depuis fort longtemps devenus introuvables en français, fut attentif aux raisons qui privèrent de sens et de beauté la vie humaine devenue inauthentique. Comment réenchanter un monde éloigné de toute spiritualité et livré aux vices engendrés par l'usure? S'inscrivant dans la veine d'Aristote condamnant la seconde forme de la chrématistique basée sur la quête illimitée de la richesse matérielle, le poète expose les mécanismes permettant de manipuler la monnaie et la dette. Il prend fait et cause pour "le productif" contre "le corrosif", ce dernier tirant un intérêt d'un argent qui n'existe pas! Ce système, qu'il taxe d'usurocratie, et qui a pris des proportions gigantesques de nos jours. "L'erreur fut d'idolâtrer l'argent, d'en faire un dieu.Cette dénaturation tient à la fausse représentation que nous nous faisons de l'argent, lui attribuant un pouvoir qui ne lui revient pas." (p.42). Aux antipodes de la "toxicologie del'argent", Pound privilégie l'idée d'une "monnaie-travail" qui serait "un certificat du travailaccompli à condition que ce travail se fasse à l'intérieur d'un système défini. [...] Encore faut-il que ce certificat indique un travail utile ou agréable à la communauté." (p.36).

On peut regretter que notre auteur n'ait pas confronté ses conceptions à celles de Marx sur la question mais probablement les ignorait-il. Dans la Critique du Programme de Gotha, lisons-nous, que dans la phase inférieure de la société communiste, les producteurs "n'échangent pas du tout leurs produits", différence notable avec Pound, mais que "le producteur individuel" (Marx collectiviste?!) "reçoit de la société un bon certifiant qu'il afourni telle somme de travail (après déduction du travail effectué pour les fonds collectifs) et, avec ce bon, il retire des réserves sociales exactement autant d'objets de consommation que lui a coûté son travail. Le même quantum de travail qu'il a donné à la société sous une forme, il le reçoit en retour sous une autre." Il n'est donc pas étonnant que l'on rencontre chez les deux penseurs les mêmes imprécations en faveur de la dissociation "de l'idée de travail decelle du lucre" (Pound. p.90). Il y a toute une poésie à l'œuvre dans la désaliénation du monde.

Jean GALIE

Ed. Kontre Kulture. 100p. 12 euros

www.kontrekulture.com

06/07/2015

Sortie du numéro 70 de Rébellion

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ÉDITORIAL

>Le Peuple n'a pas dit son dernier mot !

HÉRITAGE

>La Commune n'est pas morte !

Hommage de Rébellion et de l’OSRE 

IDEES

>"A nos Amis" du Comité Invisible/

Manuel de l’activiste en temps de crise des idéaux par Thibault Isabel 

>Ouvrons le Débat/ De l'abolition du salariat par Lisa

>Libérons le travail du salariat !

ANALYSES

>Leçons de l'échec du mouvement "Manif Pour Tous" par Patrick Visconti

REFLEXIONS

>L'écologie ou la logique de l'Oikos par les Antigones

>Une révolution intérieure...pour faire avancer notre idéal ? par Alaric Levant

CULTURE

>Racines européennes/ Le Wandervögel 

acquis et prolongements révolutionnaires par Dazibao

>Art/ Le Land Art, Art & Nature par Ellie L.

 

Commande 4 euros (port compris) :

Rébellion c/o RSE BP 62124 31020 TOULOUSE cedex 02

Contact : rebellion_larevue@yahoo.fr

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http://twitter.com/LarevueRbellion